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27 juin
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Ives
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MessagePosté le: Dim 26 Juin - 23:10 (2016)    Sujet du message: 27 juin Répondre en citant

PublicitéSupprimer les publicités ?
ça s'est passé un...
27 juin
Événements
27 juin 1800 : Mort du « Premier Grenadier de la République »
Le 27 juin 1800, Théophile de La Tour d'Auvergne, « Premier Grenadier de la République », est frappé à mort par un uhlan autrichien...
suite de l'article
27 juin 1894 : Jean Casimir-Périer président de la République
Trois jours après l'assassinat de Sadi Carnot, les parlementaires élisent à la présidence de la République, le 27 juin 1894, Jean Casimir-Périer (47 ans), petit-fils d'un président du Conseil de Louis-Philippe 1er...
27 juin 1905 : Mutinerie du Potemkine
Le 27 juin 1905, dans la mer Noire, une mutinerie éclate à bord du Potemkine, principal cuirassé de la flotte russe de la mer Noire.
Le drame commence avec une histoire de viande avariée. Protestations des marins. Menaces des officiers. Cet épisode secondaire de la première Révolution russe va plus tard accéder au rang de mythe historique par la vertu d'un film à lui consacré par le réalisateur Eisenstein…
suite de l'article
27 juin 1954 : La CIA renverse Arbenz au Guatemala
Le 27 juin 1954, Jacobo Arbenz, le président réformateur du Guatemala, est chassé du pouvoir au terme d'un soulèvement fomenté par la CIA. C'est l'époque où le poète Pablo Neruda dénonce les « republicas bananas », républiques d'Amérique centrale soumises au bon vouloir des compagnies américaines. United Fruit est la caricature de ces multinationales anonymes accusées d'abuser de la faiblesse des républiques centraméricaines pour exploiter d'immenses plantations de bananes aux meilleures conditions.

C'est sa fête : Fernand
Le Fernand que l'on célèbre ce jour comme étant un ancien évêque de Caiazzo, en Italie, n'a jamais existé. Les reliques honorées dans le diocèse de ce nom sont en fait celles de saint Ferdinand, roi de Castille et de Leon.
Mort en 1252, il fut contemporain du roi de France saint Louis. L'époque voulait que les rois fussent des modèles de piété.

C'est aussi sa fête :  Cyrille d'Alexandrie
Fils du patriarche d'Alexandrie, Cyrille succède à son père en 403. Il se signale par sa brutalité à l'égard des païens. Ses écrits lui valent néanmoins la sainteté et, en 1882, le titre de Docteur de l'Église. Au concile d'Ephèse, en 431, Cyrille proclame « Marie Mère de Dieu ».

Naissances
Louis XII
27 juin 1462 à Blois - 1er janvier 1515 à Paris
Fils tardif du poète Charles d'Orléans, Louis a dû épouser en 1476 Jeanne la Boîteuse, la fille contrefaite de Louis XI, lequel espérait que s'éteindrait de cette façon la branche honnie des Orléans !
Mais quand meurt le fils et successeur de Louis XI et que lui-même monte sur le trône sous le nom de Louis XII, il se hâte de faire annuler son mariage par le pape et d'épouser la veuve du précédent roi, la duchesse Anne de Bretagne, richement dotée et jolie, ce qui ne gâte rien.
Louis XII, séduisant et plutôt intelligent, gagne le surnom enviable de «Père de son Peuple» lors des états généraux de 1506, en dépit de ses déconvenues italiennes. Il est vrai qu'il gère avec modération le royaume et réussit même le tour de force d'alléger la pression fiscale, avec des conseillers de qualité : le maréchal de Gié, le cardinal d'Amboise et Florimond Robertet, secrétaire des finances, qui servira également son successeur François 1er.
Voir : Le «Père de son Peuple»
Charles IX
27 juin 1550 à Saint-Germain-en-Laye - 30 mai 1574 à Vincennes
Charles IX monte sur le trône à 10 ans, suite à la mort prématurée de son frère François II, le 5 décembre 1560. Sa mère, l'énergique Catherine de Médicis, préside le conseil de régence avec le souci constant de préserver l'avenir de la dynastie, menacée par les tensions religieuses entre protestants et catholiques.
Malheureusement, celles-ci tournent à un affrontement armé suite à un massacre de protestants à Wassy par le duc François Ier de Guise, en 1562. Il s'ensuit trois «guerres de religion» jusqu'à la paix de Saint-Germain, le 8 août 1570, qui accorde des conditions avantageuses aux protestants. Leur chef, l'amiral Gaspard de Coligny, se rapproche du roi, devenu majeur, et tente de l'entraîner dans une guerre avec le roi d'Espagne.
La petite bourgeoisie catholique des villes s'émeut et menace de se livrer aux Guise. Pour sauver la dynastie, la reine Catherine de Médicis se retourne contre les protestants. Le 24 août 1572, jour de la Saint- Barthélemy, une semaine après que sa fille Margot ait épousé l'un de leurs chefs, Henri de Navarre, futur Henri IV, elle ordonne le massacre des protestants présents à Paris. La population s'en donne à coeur joie et la tuerie s'étend aux provinces.
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MessagePosté le: Dim 26 Juin - 23:16 (2016)    Sujet du message: 27 juin Répondre en citant

Ephéméride du 27 Juin
Saints à FêterARIALD - CRESCENT - CYRILLE D'ALEXANDRIE - DIDIER D'AUTUN - EMILIEN - FERNAND - JEAN DE CHINON - JEANNE LA MYROPHORE - LADISLAS - SAMSON L'HOSPITALIER - SERAPION DE KOJA
Fête Nationale
NomRépublique de Djibouti (Jumouhiriyya Djibouti)
Drapeau
CapitaleDjibouti
MonnaieFranc de Djibouti
Langue officielleAfar - Arabe - Français - Somali
Localisation
Journée nationaleJournée canadienne du multiculturalisme
Naissances Célèbres
  1462 Louis XII de France de 1498 à 1515

1950 Benjamin Peterson, lutteur mi-lourd, champion olympique en 1972, vice champion olympique en 1976 (battu par Levian Tediachvili). pour l'anecdote, son frère John, lutteur moyen est champion olympique en 1976 après avoir été vice champion olympique en 1972 (battu par le même Levian Tediachvili qui a changé de catégorie !)

1955 Isabelle Yasmine Adjani, actrice : "Quartet et Possession" (Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes), "Possession" (César de la meilleure actrice), "L'Été meurtrier" (César de la meilleure actrice), "Camille Claudel" (César de la meilleure actrice et Meilleure actrice au Festival international du film de Berlin), "La Reine Margot" (César de la meilleure actrice),...

1970 John Eales, membre de l'équipe de rubgy championne du monde en 1999 face à la France.
Décès Célèbres
1831 Sophie Germain, première femme mathématicienne.
Lors de ses correspondances avec d'autres mathématiciens elle utilisait le pseudonyme de "Mr Le Blanc" afin d'être crédible car à l'époque, aucune femme n'avait été mathématicienne.
Elle devient la première femme à assister aux cours de l'Académie des Sciences.
Le lycée Sophie Germain, dans le IVe arrondissement de Paris, est historiquement le lycée Charlemagne pour jeune fille
De ses travaux, on retient "Théorème de Sophie Germain" et "Nombre premier de Sophie Germain" 1844 Joseph Smith, fondateur des Mormons ou Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Cette communauté religieuse fonde l'Etat de l'Utah, sa capitale Salt Lake City et y atttend le retour du Christ. Ils refusent le dogme du péché originel et le baptême des enfants.

1976 Albert Dubout, dessinateur, illustrateur (entre autres) de hors séries de "San Antonio"

2002 John Entwistle, bassiste des Who, groupe de rock mythique des années 70.
Evènements
1718 Le fils du tsar Pierre Ier est jeté au cachot pour avoir comploté contre son père.

1789 Louis XVI de France invite le clergé et la noblesse à se joindre à l'Assemblée Nationale.

1844 Le fondateur des mormons, Joseph Smith, est assassiné en prison dans l'Illinois.

1858 Le traité de Tianjin ou Tien-tsin (Chine), signé par la Chine avec les Anglais et les Français, met fin à la guerre de la Jonque appelé aussi seconde guerre de l'Opium (1856-1858) : la Chine autorise le commerce de l’opium, laisse s'installer à Pékin des légations occidentales, ouvre 10 nouveaux ports au commerce occidental et autorise la prédication des missionnaires dans tout le pays. Un accord a été ratifié le 13 avec la Russie (la Russie a fait ratifier par le gouvernement mandchou l'occupation de vastes territoires chinois au nord et à l'est de la Mandchourie) et le 18 avec les Etats-Unis.

1905 C'est la première révolution en Russie, l'équipage du cuirassé Potemkine se mutine.

1949 La bourse de Paris rouvre après 9 ans de fermeture pour cause de guerre.

1953 Walter Davis porte le record du monde de saut en hauteur à 2,12 m.

1956 Création de la vignette automobile pour une durée d'un an (!), pour venir en aide aux personnes âgées.

1962 Michel Jazzy bat le record du monde du 3000 m en 7'49"2.

1969 Roy Cromack bat le record du monde des 24h à vélo en parcourant 815,930 km.

1969 "Acte de naissance officiel" du mouvement homosexuel, commémoré chaque année par la Gay Pride le dernier samedi de juin.
Aujourd'hui, 6 policiers du NYPD pénètrent à l'intérieur du "Stonewall Inn", bar homosexuel de Manhattan, pour un contrôle de routine, comme d'habitude violent et humiliant, qui se solde par la fermeture administrative du club.
Pour la première fois, les clients se rebellent. Les renforts de police sont accueillis à coups de briques et de talons aiguilles. Trois nuits d'émeutes suivent et s'étendent au quartier.

1971 L'Olympique de Marseille devient champion de France de Football.

1973 Marcello Fiasconaro devient recordman du monde du 800 m en 1'47"7. Ben Jipcho en fait autant avec le record du monde du 3000 m steeple en 8'14.

1977 La république de Djibouti proclame son indépendance

1980 Le DC-9 de la compagnie Itavia explose en vol au-dessus de l'île d'Ustica faisant 93 mort.
Il faut attendre le 28 Septembre 2000 pour qu'enfin s'ouvre le procès devant la Cours d'Assise de Rome. L'hypothèse des experts italiens pour expliquer la catastrophe est la suivante : un ou deux avions libyens étaient poursuivis par des avions de chasse, le ou les avions libyens auraient suivit la route de l'avion civil et les chasseurs les auraient abattus sans discrimination. La découverte d'un MiG-23 libyen dans les montagnes de Calabre accrédite cette thèse.
Neuf personnes, militaires de haut rang et responsables des services secrets italiens de l'époque (général Lamberto Bartolucci, chef de l'état-major de l'armée de l'air, général Zeno Tascio, Genaral Corrado Melillo et général Franco Ferri,...), comparaitront pour "atteinte aux institutions" et "haute trahison".
Les prévenus seront accusés de destruction des analyses des relevés radars effectués à l'heure où le DC-9 d'Itavia disparaissait près de l'île d'Ustica, d'entrave à l'enquête par omission d'informations, de faux témoignages ou dissimulation de preuves, dans le but de cacher l'existence d'une intense activité militaire aérienne dans la zone le soir du drame.

1985 Michaël Gross porte le record du monde du 400 m nage libre à 3 mn 47 s 80.

1988 Manifestations à Budapest pour protéger la minorité hongroise de Roumanie.

1991 Début de la guerre slovéno-yougoslave. Finalement, après quelques jours de combat, l’armée yougoslave quitte la Slovénie indépendante.

1996 Affaire des HLM de Paris. Perquisition au domicile de Jean Tiberi, maire de Paris. Le juge Halphen découvre et saisit un rapport sur la francophonie bourré de fautes d'orthographe, rédigée par Xavière Tibéri et payé 200 000 F par le Conseil Général de L'Essone.
Le directeur de la police judiciaire de Paris, Olivier Foll, refuse l'assistance des policiers au juge durant la perquisition.

2000 George Stephens Finley est reconnu coupable d'avoir battu à mort le chien de son épouse parce qu'il le croyait homosexuel et est condamné à six mois de prison pour cruauté envers un animal par un tribunal de Floride ! Accusé stupide, peine stupide !

2000 Un canot de la Cogema coupe "involontairement" le câble de la caméra sous-marine placée par Greenpeace près de l'embout du tuyau de déversement de déchets radioactifs liquides de l'usine de La Hague vers l'océan.

2002 Imaginez la scène : vous êtes tranquillement au volant de votre voiture près de Salzbourg, Autriche, vous n'êtes pas saoul, vous ne vous droguez pas, et, soudain, une vache vous tombe dessus ! Ce pauvre animal (il est mort sur le coup) après avoir grimpé une colline passe sur le dessus de l'ouverture d'un tunnel avant de basculer dans le vide au moment ou une voiture passe. Après la vache folle, la vache vole !

2002 Revirement dans le cadre de l'"Affaire du serment" (voir la veille), le serment prêté quotidiennement, la main droite sur le coeur, par les écoliers à la patrie et au drapeau, ne violent plus la séparation constitutionnelle entre l'Eglise et l'Etat aux USA.
"Je prête serment au drapeau des Etats-Unis d'Amérique et à la République qu'il représente, une Nation sous Dieu, indivisible, avec Liberté et Justice pour tous".

2003 Didier Moville, alias Joé Starr (chanteur), est placé en garde à vue après avoir été impliqué dans une bagarre à la sortie d'une boîte de nuit. Une ligne de plus dans son casier judiciaire.

2003 Sordide ! Un indonésien est condamné à 5 ans de prison pour avoir... déterré sa voisine de 80 ans pour la manger !

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MessagePosté le: Dim 26 Juin - 23:17 (2016)    Sujet du message: 27 juin Répondre en citant

Théorie du complot
Le complotisme, mal du siècle ?


Y aurait-il un mouvement de panique face au complotisme ? Gouvernement et médias, qui s'estiment légitimes pour transmettre l'information, voient leur crédibilité battue en brèche par des thèses fantaisistes sur tout et n'importe quoi. Comment faire pour retrouver cette capacité à informer l'opinion, voire à la manipuler, sans laquelle le pouvoir politique entre en déliquescence?
Depuis les attentats de 2015 et l'accélération des départs de jeunes pour le djihad, le gouvernement français multiplie les initiatives : colloque organisé par l'Éducation nationale sur le thème, « Comment faire face au complotisme ? », campagne avec le youtubeur Kevin Razy, création d'une page web « on te manipule.fr », séminaire du SIG (Service d'information gouvernementale). Même chose en Belgique et dans les démocraties menacées par le terrorisme.

La « théorie du complot », un phénomène d'actualité
Le complotisme ou « théorie du complot » semble en recrudescence depuis les attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center et le Pentagone.
Une recrudescence qui coïncide avec la guerre déclenchée par les islamistes radicaux contre le reste du monde, mais aussi avec l'explosion d'Internet et des réseaux sociaux, le tout sur fond de crise économique (crise boursière en 2000, crise des subprimes en 2008). Les réseaux jouent un rôle d'accélérateur en mettant quasi instantanément à la disposition des foules des informations qui, auparavant, auraient été diffusées lentement et sous le manteau.
La crise économique, en multipliant les déçus du système, contribue à la perte de crédibilité des experts et amène à chercher ailleurs que dans la vérité officielle l'explication des événements.
Ainsi, jamais aucun avion ne se serait écrasé sur le World Trade Center et sur le Pentagone. Ils auraient été dynamités par la CIA et le Shin Beth dans le but de s'emparer du pétrole du Moyen Orient et de pousser l'Occident à entrer en guerre contre les musulmans.
Les attentats de Paris et de Bruxelles ne seraient que la suite logique de ce vaste complot américano sioniste, appuyé par ses vassaux occidentaux contre l'Islam en général, et les Arabes en particulier.
L'on croit également pouvoir affirmer que le parcours de la manifestation du 11 janvier 2015 reproduit la carte de l'État d'Israël, comme si les véritables instigateurs des attentats avaient voulu signer leur forfait ?
La démarche complotiste est toujours la même : tous les faits ont une cause humaine, même les plus naturels : un tsunami sera ainsi attribué à une expérimentation d'armes nouvelles plutôt qu'au mouvement imprévisible des plaques tectoniques. Les gouvernements et ceux qui les manipulent cachent toujours les vraies causes, la plupart du temps inavouables. Leur intention est toujours mauvaise.
Ainsi l'épidémie du virus Zika qui se répand en Amérique Latine serait en réalité le résultat d'une guerre bactériologique menée par les États-Unis pour stopper l'immigration chez eux et consolider leur domination sur le continent.
Enfin, tous ces complots sont l'œuvre d'un petit groupe secret qui aspire à gouverner le monde et à réduire les individus en esclavage : Trilatérale, francs-maçons, Juifs, complexe militaro-industriel américain, grand capital, extra-terrestres reptiliens…
Ceux qui propagent ces fadaises énoncent des faits jamais vérifiés dont la seule accumulation vaut preuve. Ils soulignent des coïncidences « étranges » qui n'en sont pas car, pour un complotiste, rien n'est jamais dû au hasard.
Ils chargent leurs contradicteurs de prouver qu'ils ont tort et dénoncent comme imposteurs et liés au complot ceux qui nient leurs thèses : puisqu'ils nient avec une telle véhémence, c'est bien la preuve que c'est vrai, expliquait Hitler dans Mein Kampf à propos du prétendu complot juif révélé dans Le Protocole des Sages de Sion, un faux fabriqué par des policiers tsaristes.
Car si le complotisme est particulièrement vigoureux à l'ère de l'Internet, c'est un phénomène aussi vieux que l'histoire humaine. Lorsqu'en l'an 64 de notre ère, Rome est détruite par un incendie, le peuple commence par accuser l'empereur Néron d'avoir voulu détruire la ville. Celui-ci retourne la vindicte populaire contre les chrétiens.
Ni lui, ni ceux qu'il a livrés au supplice n'étaient coupables, mais il fallait, à la fois donner du sens à l'événement que la seule insalubrité de la ville eut pu expliquer, et canaliser la soif de vengeance de la foule.
De ce moment-là, autour de la Méditerranée, à chaque crise, les Juifs vont être désignés comme le « peuple comploteur » par excellence. Ainsi sont-ils massacrés avec l'aval du roi de France en 1321, sous l'accusation d'avoir empoisonné les puits et les fontaines avec le concours des lépreux, en vue de dominer le monde !
C'est le phénomène du bouc émissaire, théorisé par René Girard dans son ouvrage La violence et le Sacré : chargé de tous les péchés de la société, il est sacrifié pour permettre, par un effet de catharsis, de canaliser la violence inhérente aux sociétés humaines. C'est en substituant le tous contre un au tous contre tous que l'humanité peut, selon lui, échapper à la pente naturelle de son autodestruction.
Le malheur, c'est que dans l'histoire occidentale, ce « un » fut souvent collectif. De Néron à nos jours, ce furent presque toujours les Juifs, solidaires, discrets, travailleurs et efficaces. Autant de caractéristiques propres à susciter inquiétude et jalousie.
Vrais et faux complots
Cette constante de l'Histoire ne s'explique pas seulement par la sociologie des foules et leur prétendue tendance naturelle à s'entretuer. Il n'y aurait pas autant de complotisme s'il n'y avait tant de complots inventés par les États. Les gouvernements ont beau jeu de s'étonner de ne plus être crus après avoir tant menti.
De la conjuration de Catilina à Rome en 63 av. J.-C. au vrai-faux coup d'État d'Alger du 13 mai 1958, en passant par le « Popish Plot » de 1678 à Londres par lequel les monarchistes font croire à un complot catholique contre le roi, l'Histoire est tissée de vrais et faux complots qui visent à la conquête du pouvoir ou l'élimination des opposants.
Comment être surpris que les Américains soient la cible de tous les soupçons quand le secrétaire d'État de George Bush, Enoch Powel, brandit en pleine séance du Conseil de Sécurité de l'Onu une fiole censée contenir de l'anthrax, preuve forgée de toute pièce pour convaincre l'opinion mondiale de la possession d'armes bactériologiques par l'Irak ?
Cet énorme mensonge d'État, si dramatique dans ses conséquences, n'est pas le premier (...).
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MessagePosté le: Dim 26 Juin - 23:18 (2016)    Sujet du message: 27 juin Répondre en citant

25 juin 2016
La théorie du complot est née avec la maçonnerie française


Daniel Keller, Grand Maître du Grand Orient de France, nous explique pourquoi la franc-maçonnerie est régulièrement accusée de complotisme.
Il invalide les théories qui sous-tendent cette croyance, pour mieux nous révéler les objectifs concrets de ce cénacle initiatique exclusivement tourné vers la société laïque et républicaine
Entretien avec Jean-Pierre Bédéï


Jean-Pierre Bédéï : comment expliquez-vous que la franc-maçonnerie ait été assimilée à une forme de complotisme ? Est-ce en raison de ses rites, de ses symboles, du culte du secret qui l’entoure ?
Daniel Keller : la théorie du complot est née quasiment avec la maçonnerie française pour plusieurs raisons. D’abord, l'Eglise a condamné la franc-maçonnerie à travers la bulle papale de Clément XII en 1738 qui estimait que cette société faisait l’apologie de l’esprit de libre examen. La condamnation portait aussi sur la culture du secret inhérente à la franc-maçonnerie. Cette caractéristique explique sa relation ambivalente avec le pouvoir. Je rappelle que Louis XV a fait partie de la franc-maçonnerie mais l’a aussi interdite.
Enfin, la franc-maçonnerie sera aussi victime de son succès. Par son origine aristocratique, elle attirera les couches supérieures de la société, puis elle s’ouvrira aux classes nouvelles. La théorie du complot maçonnique se nourrira de tous ces éléments et se forgera dès la fin du XVIIIe siècle. Ainsi, à ceux qui expliquent que les loges ne détiennent aucun secret, leurs détracteurs diront que ces loges ne sont que le paravent d’arrière-loges tapies dans l’ombre.
Ces théoriciens affirmeront même que dans ces arrière-loges impénétrables, on trouve des Juifs. La théorie du complot judéo-maçonnique sera formalisée dès la fin du XVIIIe siècle. Elle restera inopérante pendant un siècle, avant de reprendre de la vigueur à la fin du XIXe siècle pour être perpétuée au XXe siècle à travers différents épisodes sinistres de l’Histoire.

Une société initiatique, un combat progressiste
Jean-Pierre Bédéï : cela ne vous incite-t-il pas à modifier les rites et le fonctionnement de la franc-maçonnerie ? N’y a-t-il pas une contradiction entre le côté un peu obscur ou mystérieux de la franc-maçonnerie et ses idées qui se réclament des Lumières et d’un certain humanisme ?
Daniel Keller : la franc-maçonnerie est une société initiatique. Cela implique une culture symbolique, rituélique, fondée sur des rites de passages progressifs. Il s’agit d’étapes progressives qui constituent la vie intime de cette société. C’est cette dimension qui lui permet de continuer d’exister depuis trois siècles ; c’est son fil rouge à travers l’Histoire dont le mystère intéresse aussi.
Mais l’autre dimension de la franc-maçonnerie réside dans son orientation progressiste tournée vers les enjeux de société. En s’impliquant ainsi, elle a été appelée à s’extérioriser. Le moment fort de cette extériorisation se situe pendant la IIIe République qu’on a appelée la République maçonnique, car beaucoup de maçons étaient au premier rang de la vie publique comme Léon Bourgeois, Jules Ferry, Emile Combes et bien d’autres.
La maçonnerie se construit dans cette dualité, celle d’une société traditionnelle qui a des rites hérités du XVIIIe siècle et celle d’une organisation qui réfléchit sur le monde de demain.
Jean-Pierre Bédéï : certaines loges ou certaines personnalités maçonnes ont-elles été des adeptes de l’occultisme ?
Daniel Keller : quelques francs-maçons versèrent effectivement dans l’occultisme, toutefois ils furent minoritaires. En revanche, la franc-maçonnerie puisa notamment certaines de ses références dans la tradition alchimique, laquelle n’est pas liée à l’occultisme mais plutôt à l’ésotérisme.
Jean-Pierre Bédéï : vous évoquiez la IIIe République comme un âge d’or de la franc-maçonnerie. Mais n’était-ce pas l’époque aussi où elle a subi ses plus dures attaques, notamment de la part de l’extrême-droite et de l’Action française de Charles Maurras qui voyait en elle une composante de l'anti-France, au même titre que les Juifs, les protestants et les métèques ?
Daniel Keller : si la République reste un combat au XXIe siècle, c’est parce qu’il y a toujours des ennemis de la République. Je retournerai l’argument de Maurras : il y a toujours une anti-France, c’est celle qui n’a jamais accepté la Révolution, les droits de l’Homme et qui continue de croire en une société théocratique et inégalitaire.
Cette anti-France, elle existe toujours même si, aujourd'hui, elle ne s’exprime pas dans les termes de Maurras. Dès lors, la République s’est construite dans un combat dans lequel les francs-maçons ont été aux avant-postes.
Je rappelle qu’au début de la IIIe République, on pouvait être révoqué de la fonction publique quand on affirmait ses convictions républicaines. Il a donc fallu mener une bataille pied à pied pour républicaniser la France.
Jean-Pierre Bédéï : sous l’Occupation, les archives des francs-maçons ont été volées par les nazis puis ont été récupérées par les Soviétiques qui les ont emportées à Moscou avant qu’elles ne soient restituées aux loges françaises. Ces archives constituaient-elles le même enjeu politique pour les Allemands et pour les Soviétiques ?
Daniel Keller : les nazis ont pillé les archives de la franc-maçonnerie car ils voulaient percer ses prétendus mystères et démanteler une organisation jugée potentiellement dangereuse. Il ne faut pas oublier que les nazis ont persécuté la franc-maçonnerie dès leur arrivée au pouvoir dans leur pays. En même temps, ils ont méticuleusement stocké nos archives pour faire, si l’Histoire leur avait permis, le récit de l’entreprise maléfique que nous représentions à leurs yeux.
Par ailleurs, la Troisième internationale socialiste posa comme principe que les francs-maçons ne pouvaient pas y adhérer. C’est la fameuse 22e condition qui demeura non écrite. De fait, dans les régimes totalitaires communistes, la franc-maçonnerie fut interdite, alors que depuis Catherine II, elle avait connu un essor en Russie.

Franc-maçonnerie : quelle influence réelle ?
Jean-Pierre Bédéï : comment expliquez-vous que la franc-maçonnerie ait perdu de son influence en France ?
Daniel Keller : je ne crois pas qu’elle ait perdu son influence. Aujourd’hui, on ne peut pas reproduire le schéma de la IIIe République, mais la République a toujours besoin des francs-maçons car ils sont des militants de la République.
Dans un moment où on assiste à une forme de confessionnalisation rampante de la société, il est important qu’un courant de pensée comme le nôtre qui se veut a-dogmatique fasse entendre une voix différente et montre qu’il existe toujours un chemin pour la liberté de conscience et donc pour la liberté de l’individu.
Jean-Pierre Bédéï : on soupçonne la franc-maçonnerie d’être de gauche. C’est une étiquette que vous acceptez ou que vous récusez ?
Daniel Keller : le Grand Orient a fait se succéder à la grande Maîtrise, Michel Baroin et Roger Leray, un grand chiraquien et un grand socialiste. Notre combat est très ample ; aujourd’hui, il y a des républicains à gauche et à droite.
Le parti de la franc-maçonnerie est le parti de la République. Ce n’est pas un hasard si les francs-maçons ont été à l’origine du parti républicain radical et radical-socialiste qui était antérieur au découpage politique droite-gauche mis en place lors de l’après-guerre. La franc-maçonnerie est au centre de la République.
Jean-Pierre Bédéï : la franc-maçonnerie n’est-elle pas devenue aujourd’hui un réseau d’entraide plus qu’un courant de pensée ?
Daniel Keller : c’est encore un grand fantasme. Nous avons des engagements caritatifs. Nous avons aussi créé nos mécanismes d’entraide en interne : si un franc-maçon vient à décéder et qu’il a des enfants, nous intervenons financièrement pour aider à l’éducation de ses enfants.
Pour les chômeurs, nous avons un système de redistribution dont ils peuvent bénéficier. Mais si vous venez au Grand Orient en espérant avoir un coup de pouce professionnel, vous serez très vite déçus ; et ceux qui viennent dans cet esprit-là ne restent pas longtemps.
Jean-Pierre Bédéï : vous organisez une exposition Templiers-francs-maçons. Quel rapport entre les deux ?
Daniel Keller : nous croyons au rôle de la raison comme principe de construction de la société. Mais nous avons aussi une autre postulation. La franc-maçonnerie a bâti en effet tout un imaginaire – et c’est là toute son ambivalence qui crée sa part de mystère, voire de fantasme. Cette part d’imaginaire est allée puiser dans différents mythes parmi lesquels, celui de la chevalerie.
La maçonnerie allemande à travers la Stricte Observance Templière a cultivé le mythe selon lequel nous descendrions de l’ordre du Temple. Mais c’est faux. Tout comme nous avons prétendu être issus des bâtisseurs de cathédrales, alors qu’il n’y a pas de filiation historique mais seulement spirituelle. Mais tout cela construit notre culture initiatique. Tout cela participe du cheminement spirituel de notre Ordre.
Grand Orient de France
Né en 1728 sous l’appellation de Première Grande Loge de France, le Grand Orient de France est la plus ancienne et la plus importante obédience maçonnique d’Europe continentale. Il rassemble aujourd’hui environ 49 000 membres répartis dans plus de 1 200 loges. Le Grand Orient de France se donne pour but leur perfectionnement individuel – intellectuel, moral ou spirituel – et les appelle à réfléchir aussi aux problèmes du monde et aux questions de société.
Au-delà du processus initiatique inhérent à toute entité maçonnique, il a ajouté à sa vocation initiale la volonté d’être au cœur des enjeux sociétaux afin de faire vivre au quotidien les valeurs humanistes de la franc-maçonnerie.
Le Grand Orient de France est dirigé par Daniel Keller depuis 2013. Agrégé de lettres, énarque et normalien, il a enseigné la sociologie à l'université d'Aix-en-Provence, avant de passer par le ministère de l'Économie et des Finances puis des entreprises privées, dont le groupe Renault. 
Initié en 1996 dans la loge « Vérité – ni Dieu ni maître », il devient ensuite membre du cercle Ramadier, puis président des loges de Paris 4 et de l’Europe de l’Est. En 2011, il préside le 146e Convent annuel du Grand Orient de France, tenu à Vichy. Élu président de cette loge en 2013, il a été reconduit dans ses fonctions en 2014 et 2015. Son successeur sera connu au mois d’août prochain.
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MessagePosté le: Dim 26 Juin - 23:19 (2016)    Sujet du message: 27 juin Répondre en citant

Franc-maçonnerie
Petite histoire d'un Ordre méconnu


La franc-maçonnerie, née en Angleterre dans les premières années du XVIIIe siècle, a mûri au carrefour de l’humanisme et de la spiritualité occidentale.
Elle se définit comme un «Ordre initiatique», fondé sur la bienfaisance et le rapprochement des hommes de bonne volonté, avec une notion de «sacré» qui va au-delà de la simple religiosité.
Frédéric Salin
Origine anglaise et références bibliques
En juin 1717, quatre loges maçonniques londoniennes qui n’avaient d’autre objectif que celui de pratiquer une entraide mutuelle entre leurs membres se fondent dans une «Grande Loge de Londres». C’est l’acte fondateur de la franc-maçonnerie moderne.
Née dans un milieu protestant, la franc-maçonnerie puise dans l’Ancien Testament son enseignement moral. Considérant qu’elle a pour vocation de construire un temple idéal, elle adopte pour modèle le Temple du roi Salomon.
L’architecture sacrée joue un rôle prépondérant dans la vie maçonnique : Dieu est appelé par les francs-maçons «Le Grand Architecte de l’Univers».
C’est au demeurant à partir de cette allégorie que certains courants maçonniques revendiquent une filiation avec les constructeurs médiévaux des grands édifices religieux. De cette filiation quelque peu mythique découlent les grades de l’Ordre maçonnique : apprenti, compagnon, maître, et les symboles : tablier de peau, truelle, équerre, compas.
Très rapidement, la franc-maçonnerie accueille en son sein des représentants de la haute société anglaise (exclusivement des hommes) et essaime sur le Continent, à commencer par la France.
Une vocation libérale
Une première loge maçonnique voit le jour à Paris en 1725. Elle est suivie de nombreuses autres loges dans toutes les grandes villes de France,où se pressent les élites cultivées  du «Siècle des Lumières».
Les aristocrates, les bourgeois de qualité, certains membres du haut clergé et tous ceux qui se piquent de «philosophie» envahissent ces loges qui deviennent un lieu privilégié d’échanges intellectuels. Même engouement dans le reste de l'Europe. À Prague, le divin Mozart offre à la franc-maçonnerie un chef-d'oeuvre, La Flûte enchantée...
Mais on ne saurait faire l’impasse sur une personnalité maçonnique hors du commun :  le marquis de La Fayette. En 1777, à vingt ans, il s’embarque pour l’Amérique où, sur la recommandation de son ami et «frère» Benjamin Franklin, il est nommé «major» par George Washington (également franc-maçon) et prend le commandement des insurgents désireux d’échapper à la tutelle britannique et de prendre leur indépendance.
Il ne serait pas excessif d’affirmer, sans réduire le mérite des politiques, que l’indépendance américaine et la Constitution des premiers États-Unis de Philadelphie furent en grande partie une création maçonnique.
Chef de la garde nationale en 1789, député et bardé de tous les honneurs, La Fayette joua un rôle de premier plan dans les périodes révolutionnaire et postrévolutionnaire, professant des idées libérales et sans jamais renier son appartenance à la franc-maçonnerie jusqu’à sa mort en 1834 au soir d’une existence d’une exceptionnelle richesse.
L’Église et la franc-maçonnerie
La hiérarchie catholique tente très tôt de discréditer la franc-maçonnerie. En 1738, le pape Clément XII publie une bulle In Enimenti par laquelle il excommunie les francs-maçons sous des motifs au demeurant plus politiques que religieux.
Treize ans plus tard, le pape Benoît XIV prend la relève et les bulles et encycliques se succédèrent à rythme soutenu jusqu’en 1884. On reproche aux maçons leur tolérance envers toutes les religions, le secret entourant leurs rituels et l’accusation de comploter contre le pouvoir. Cette dernière accusation est dénuée de sens si l’on sait que la loyauté envers le pouvoir est inscrite dans les «Constitutions» de l’Ordre. Ces bulles n’eurent toutefois qu’un effet très limité et la franc-maçonnerie ne fut sérieusement inquiétée qu’après la Première Guerre mondiale.

Vers la démocratie
La Révolution divise les maçons français, partagés entre monarchistes et libéraux. Napoléon réconcilie tout le monde. Au demeurant, les maçons se montrent successivement bonapartistes et napoléoniens et l’on voit même des loges prendre pour nom distinctif : Saint-Napoléon (!). Ce qui n’empêche pas l'empereur de les faire étroitement surveiller par sa police. Et, pour encore mieux les tenir en laisse, il nomme en 1804 son frère Joseph Grand Maître du Grand Orient de France.
Sous la Restauration et le Second Empire, les loges changent peu à peu de visage. La Constitution du Grand Orient de France proclame que «la franc-maçonnerie est une institution essentiellement philosophique, philanthropique et progressive qui a pour base l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme».
Les citoyens des classes nobiliaire et bourgeoise, qui, jusque-là, avaient occupé une place prépondérante dans les loges, se serrent pour accueillir – fait nouveau – des petits fonctionnaires, des artisans et des commerçants.
Cependant, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, elle apparaît comme une société de notables et demeure imperméable à la classe ouvrière et au prolétariat… Il en est encore de même de nos jours, à quelques exceptions près.
À la fin du XIXe siècle, l’Ordre s’interdit de faire référence au «Grand Architecte de l’Univers» et accueille d’éminents représentants de la libre pensée laïque, tels Émile Littré ou les présidents du Conseil Jules Ferry et René Viviani. Il joue un rôle non négligeable dans des initiatives d’abord controversées puis entrées dans la normalité : l’institution d’une école laïque, gratuite et obligatoire, la séparation des Églises et de l’État etc.
La franc-maçonnerie et l’Anti-France
Quand éclate l’affaire Dreyfus, le Grand Orient de France (alors la plus importante des obédiences maçonniques françaises en effectifs comme en influence) prend position en faveur du capitaine et demande une révision du procès. C’est à l’occasion de cette affaire qu’est créée la «Ligue des Droits de l’Homme», laquelle compte de nombreux maçons.
Par ailleurs, l’affaire des fiches éclate en 1901 quand le général André, ministre de la Guerre, prend l’initiative de mettre en fiches les officiers en raison de leurs convictions catholiques. Il se trouve que ce ministre-général est franc-maçon…
Dans la première moitié du XXe siècle, ces deux affaires indisposent les adversaires de l’Ordre qui prennent pour cibles quatre ennemis accusés de tous les malheurs réels ou supposés du pays : la République, les juifs, les communistes et les francs-maçons.
Pendant l’Occupation (1940-1944), l’Ordre est interdit, tout comme dans l’Allemagne hitlérienne, avant tout en raison de son internationalisme. Nombreux sont les maçons qui s’impliquent dans la Résistance. Fin 1943, à Alger, le général de Gaulle abroge les lois antimaçonniques de Vichy et affirme «que la franc-maçonnerie n’avait jamais cessé d’exister».
Blessée, humiliée, pillée, la franc-maçonnerie française renaissant de ses cendres au lendemain de la Libération, se reconstitue non sans mal et sans retrouver l’influence qu’elle avait sous la IIIe République.
Loges et obédiences
Une loge est une assemblée de francs-maçons ; une obédience est une fédération de loges. Il en existe, dans chaque pays, un certain nombre qui se distinguent par leur philosophie.
En France, on en compte un peu plus d’une dizaine pour 4500 loges et 150.000 maçons. Les obédiences les plus importantes sont le Grand Orient de France (50.000 membres), la Grande Loge de France (33.000 membres) et la Loge nationale française (26.000 membres). Environ 150 députés et sénateurs sont membres de la Fraternelle parlementaire.

La franc-maçonnerie aujourd’hui
L’influence des philosophes et des intellectuels sur les premiers pas de la franc-maçonnerie française a profondément gravé son empreinte sur le mode de fonctionnement des loges françaises.
Dans ces loges, à quelques exceptions près, on respecte le caractère sacré des cérémonies d’ouverture et de fermeture des travaux comme celui des réceptions aux différents grades qui balisent le cursus maçonnique. Mais on donne la primauté aux planches, c'est-à-dire à des conférences présentées par un membre de la loge ou par un visiteur compétent et aux échanges de vue qui les suivent. On s’y instruit mutuellement sans qu’il s’agisse de distribuer des cours magistraux. On rencontre ce même mode d’emploi dans les pays sous influence latine.
En revanche, les loges sous influence anglo-saxonne partagent généralement leurs réunions entre l’exercice rigoureux des rituels et les agapes qui sont dites frugales et fraternelles mais sont souvent de véritables banquets joyeusement arrosés. Dans ce contexte, la recherche spéculative est réservée à des loges d’études qui rassemblent les maçons érudits. Aux États-Unis, où les pouvoirs publics se préoccupent assez peu du sort des plus défavorisés, la franc-maçonnerie privilégie la philanthropie et les oeuvres caritatives. Notons que sur les huit visages qui illustrent les billets de banque américains, quatre représentent des franc-maçons : Franklin, Washington, Jackson et Grant.
Les femmes et la franc-maçonnerie
Phénomène à peu près nouveau, après la Libération, les femmes se présentent en grand nombre aux portes de l’Ordre, portes qui leur avaient été à peine entrouvertes par le passé.
Dès le XVIIIe siècle et en France, des loges dites «d’Adoption» avaient vu le jour, sous le contrôle étroit de loges masculines, mais leurs adhérentes demeuraient en position de vassalité. En vérité, il s’agissait davantage de salons littéraires dont l’époque était friande, voire d’ouvroirs.
 
Dès les années cinquante, des loges d’Adoption entreprennent de se libérer de la tutelle masculine et y réussissent jusqu’à fonder leurs propres obédiences, professant un féminisme éclairé. Plus tôt, en 1893, à l’initiative de Georges Martin et de Maria Deraismes, une obédience maçonnique mixte et internationale avait déjà vu le jour sous le titre distinctif de «Droit Humain». Faut-il préciser que ce phénomène reste bien français et que les maçons anglais comme ceux qui, par le monde, leur sont soumis, n’imaginent pas voir une femme porter les ornements maçonniques et siéger en loge ? Pour la petite histoire, des maçonneries féminines existent bel et bien en Grande-Bretagne mais elles sont presque clandestines et considérées comme marginales.
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MessagePosté le: Dim 26 Juin - 23:19 (2016)    Sujet du message: 27 juin Répondre en citant

29 juin 1966
Premiers raids américains sur Hanoï


Le 29 juin 1966, le président américain Lyndon Baines Johnson déclenche les premiers raids aériens sur les villes de Haiphong et Hanoï, au Nord-Vietnam. Il s'agit d'une nouvelle « escalade » dans la guerre non déclarée qui oppose les États-Unis et leur allié sud-vietnamien au Nord-Vietnam.
André Larané
Prétexte bienvenu
Entre le 2 août et le 4 août 1964, deux destroyers américains, le Maddox et le Turner Joy, qui se sont aventurés dans les eaux territoriales du Nord-Vietnam, essuient des tirs de la part des Nord-Vietnamiens. C'est du moins ce qu'affirment les services secrets de Washington (les équipages des navires concernés nieront plus tard la réalité de cette agression).
Cet incident du golfe du Tonkin vient à point pour le successeur de Kennedy, Lyndon Baines Johnson, qui est entré en campagne électorale face au républicain Barrry Goldwater, lequel agite à tout va la menace de subversion communiste.
Prenant prétexte de l'« agression », le président lance dès le 4 août les premiers raids américains sur les positions communistes au Sud-Vietnam et, le 7 août, il obtient du Congrès les pleins pouvoirs militaires pour un engagement contre le Nord-Vietnam. Cette détermination lui vaut une réélection triomphale le 4 novembre suivant.
Américains et Vietnamiens commencent à bombarder le Nord-Vietnam le 7 février 1965. Ils espèrent par ces bombardements priver les maquisards communistes du Sud-Vietnam et les troupes d'invasion nord-vietnamiennes de leurs approvisionnements en armes et en carburant. Mais ils n'arrivent jamais à couper la fameuse « piste Ho chi-Minh » et les navettes maritimes par lesquelles transitent, du nord au sud, hommes et matériels.
L'escalade atteint son maximum avec le bombardement des villes du Nord-Vietnam, à partir du 29 juin 1966. Elle se double d'une intervention massive de troupes au sol. Tout cela pour aboutir en 1975 à un humiliant retrait.
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MessagePosté le: Dim 26 Juin - 23:20 (2016)    Sujet du message: 27 juin Répondre en citant

1er juillet 1916
Folle offensive sur la Somme


Le lundi 1er juillet 1916, à 7h30, débute une gigantesque offensive anglo-française sur la Somme, la plus insensée et la plus sanglante de toutes les batailles de la Grande Guerre de 1914-1918.
Son souvenir demeure très vif chez les Britanniques, dont toute une génération de jeunes soldats a été fauchée sur la Somme.
Un projet ancien
Les alliés français et anglais ont décidé dès décembre 1915, à Chantilly, de lancer une offensive conjointe sur la Somme en vue d'en finir avec l'enlisement dans les tranchées. Mais, trois mois plus tard, les Allemands les prenaient de vitesse en lançant une attaque massive sur le saillant français de Verdun. L'état-major français espère que l'offensive sur la Somme soulagera le front de l'Est. Des forces considérables sont donc massées entre Albert et Chaulnes.
Les armées françaises des généraux Fayolle et Micheler au sud ainsi que les armées anglaises des généraux Rawlinson, Gough et Allenby au nord font face à la IIe Armée allemande du général von Below.
L'offensive est précédée par une intense préparation d'artillerie. Pendant une semaine, 1,6 million d'obus tombent sur les lignes allemandes. Quelques minutes avant l'assaut, les sapeurs britanniques font sauter deux mines énormes sous les lignes allemandes.
Les Alliés sont persuadés d'avoir liquidé toute résistance du côté ennemi. C'est au point que le général en chef britannique, Sir Henry Rawlinson, soucieux d'épargner à ses hommes une fatigue inutile, leur recommande de monter à l'attaque en ordre de parade et non pas en courant !
Dans les faits, les Allemands, endurcis par deux années éprouvantes, ont résisté aux bombardements et attendent l'assaut de pied ferme. La plupart des soldats anglais sont quant à eux des engagés volontaires qui n'ont aucune expérience du feu. Dès les premières minutes, ils succombent en grand nombre dans les barbelés qui séparent les ennemis. Effrayé par l'ampleur des pertes, le général Rawlinson songe à un repli mais il en est empêché par son supérieur, le général Sir Douglas Haig.
Le 1er jour de l'offensive, on compte pas moins de 60.000 pertes du côté britannique, dont 20.000 tués. Les Allemands essuient de leur côté quelque 20.000 pertes. En ce jour le plus meurtrier de toute la Grande Guerre, la fine fleur de la jeunesse britannique, issue des milieux aristocratiques autant que populaires, a perdu la vie ( *).
L'offensive va se poursuivre envers et contre tout jusqu'en novembre 1916. Les alliés en obtiendront un gain dérisoire de 10 km. Le prix en est exorbitant : 400.000 Britanniques tués et blessés ainsi que 200.000 Français et 450.000 Allemands... À comparer aux 750.000 victimes de Verdun.
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MessagePosté le: Dim 26 Juin - 23:20 (2016)    Sujet du message: 27 juin Répondre en citant

2 juillet 1816
Échouage de la Méduse


Le 2 juillet 1816, la frégate La Méduse s'échoue au large de l'actuelle Mauritanie avec 395 marins et soldats. Le navire a quitté Bordeaux le 27 avril, accompagné de la corvette L'Écho, la flûte La Loire et le brick L'Argus.
L'expédition est commandée par un capitaine de frégate émigré sous la Révolution, Hugues de Chaumareys (51 ans). Elle a reçu mission de réoccuper le Sénégal, restitué à la France par le traité de Paris, après la chute de Napoléon 1er, quelques mois plus tôt.
Le drame
Contre l'avis de ses officiers, le commandant veut couper au plus court. Son navire, La Méduse, s'éloigne ainsi du reste de la flotille et s'engage sur le banc de sable d'Arguin, à plus de 60 kilomètres des côtes africaines. Il est bientôt immobilisé et il faut l'évacuer.
Tandis que les officiers, les passagers et une partie des marins se replient sur les canots, 152 hommes doivent se contenter d'un radeau de fortune de 20 mètres de long. Le radeau est tiré dans un premier temps par les canots. Mais une nuit, les amarres cèdent, sans doute larguées volontairement par le commandant d'un canot, et le radeau est abandonné à lui-même.
Après 13 jours sous un soleil implacable, une quinzaine de survivants sont enfin recueillis par L'Argus. Ils dépeignent les violences extrêmes auxquelles ils ont été réduits, y compris le cannibalisme. Leur récit émeut l'opinion publique. Le commandant Chaumareys et les officiers passent en cour martiale.
Un jeune artiste, Théodore Géricault, s'inspire du drame pour peindre l'un des premiers chefs-d'oeuvre de l'école romantique.

La toile, aujourd'hui exposée au musée du Louvre (Paris), montre les marins qui tentent de se faire voir de L'Argus.
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MessagePosté le: Dim 26 Juin - 23:21 (2016)    Sujet du message: 27 juin Répondre en citant

23 juin 2016
Brexit et la victoire amère de la démocratie


Le scrutin historique de ce jour donne un coup d'arrêt au projet issu du traité de Maastricht d'une Europe supranationale et postdémocratique, autour de la zone euro.
Lire aussi notre analyse du 17 juin : Brexit et les trois vies de l'Europe

Décidément,  les Anglais ne font rien comme tout le monde. Dès l'annonce des résultats du référendum du 23 juin sur le Brexit, le Premier ministre David Cameron a pris acte de son échec personnel et annoncé sa démission en se gardant de critiquer le choix majoritaire de ses concitoyens. C'est la preuve que la démocratie et l'État de droit se portent encore bien sur l'île où ils ont vu le jour il y a quelques siècles. 
On ne peut en dire autant du Continent. En France, il faut remonter à la démission du président de Gaulle au soir du référendum de 1969 pour observer semblable panache. Aujourd'hui, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, si peu légitime qu'il soit et si contestable qu'ait été sa gestion des crises (migrants, Grèce, Brexit), ne voit aucun motif de proposer sa démission et personne ne se hasarde à la lui réclamer. Il ferait beau voir qu'un dirigeant coopté ou élu se tienne pour responsable de ses actes ! 
Confrontés à des échecs répétés et/ou à une impopularité abyssale, nos gouvernants se défendent en se posant en rempart contre le « populisme », ce terme désignant depuis une décennie tout mouvement d'opposition ou tout leader qui a le front de recueillir un soutien massif des citoyens. Dans les cercles dirigeants et les médias afférents, chacun y va de son couplet sur la méconnaissance des grands enjeux par les citoyens de base, trop jeunes, trop vieux, trop ignares, trop provinciaux, trop franchouillards ou trop pauvres. On en viendrait à regretter le bon vieux temps du suffrage censitaire, quand, à l'époque de Louis-Philippe, le droit de vote était réservé aux notables.
Depuis le début du millénaire, le fossé ne cesse de s'agrandir entre les citoyens européens et leurs gouvernants. Nous en voyons la raison dans le retournement brutal du projet européen, ainsi que nous l'avons exposé dans notre précédente analyse.
De l'Europe des petits pas au grand saut dans l'inconnu
Tournant le dos à l'Europe des petits pas de Jean Monnet (Politique agricole commune, Airbus, Arianespace, Erasmus, espace Schengen...), les Français Jacques Delors et François Mitterrand ont choisi il y a un quart de siècle le grand saut dans l'inconnu (supranationalité et monnaie unique) au nom de préjugés idéologiques très contestables : la « concurrence libre et non faussée » devait être un facteur d'équilibre et de prospérité ; la « monnaie unique » devait rapprocher les économies nationales et déboucher sur une fédération.
Confrontés à l'échec dramatique de leurs prévisions, les dirigeants européens n'ont eu de cesse depuis lors de tenter de faire plier la réalité à leurs désirs. Voilà vingt-cinq ans que le projet européen se résume à essayer de sauver envers et contre tout la monnaie unique. C'est au prix de la ruine des États les plus fragiles et de l'émigration de la jeunesse éduquée de Grèce, d'Espagne, du Portugal, de France... Que périssent les peuples pourvu que survive l'euro !
Nous avons détaillé il y a plusieurs années déjà les ressorts de ce désastre : la monnaie unique met dans le même sac des sociétés qui ont des comportements opposés, les unes - l'Allemagne - étant exportatrices et économes par nature, les autres - arc méditerranéen - importatrices et dépensières ; il s'ensuit des déséquilibres commerciaux croissants qu'aucun ajustement monétaire ne vient plus corriger (voir : Comment la monnaie unique tue l'Europe). La monnaie unique ne protège pas pour autant nos économies contre les fluctuations monétaires : l'euro fluctue davantage par rapport au dollar américain et au renmibi chinois que ne fluctuaient le mark et le franc il y a vingt ans...
Il y aurait bien une issue élégante et audacieuse à la crise avec le remplacement de la monnaie unique par des monnaies strictement nationales et une monnaie commune dédiée aux échanges extra-européens, ainsi que nous l'avons exposé dans notre précédent essai. Mais elle reviendrait à reconnaître l'erreur initiale, ce à quoi ne se résignent pas nos dirigeants, qui craignent d'être sanctionnés par leurs concitoyens. D'où leur obstination à écarter tout débat démocratique.
Démocratie en péril
Plus que quiconque attachés à la démocratie, les Anglais ont choisi le grand large en raison du caractère de plus en plus cassant et antidémocratique des instances européennes, que l'on a vues à l'oeuvre dans la crise des migrants et la crise grecque. 
C'est avec les référendums de 2005 sur le traité constitutionnel en France et aux Pays-Bas que s'observe la rupture du lien entre les citoyens européens et leurs gouvernants. Au terme d'un débat public très intense, Français et Néerlandais rejettent le traité car ils y voient un bric-à-brac qui éloigne les élus des électeurs et les place sous la coupe des groupes de pression. C'est ce que démontre avec prémonition la juriste Anne-Marie Le Pourhiet (Qui veut de la post-démocratie ?, Le Monde, 12 mars 2005).
Les électeurs de 2005 rejettent également le présupposé idéologique selon lequel les États européens sont trop petits et doivent disparaître au sein d'une fédération pour espérer peser sur les affaires du monde.
C'est ignorer que la taille ne fait rien à l'affaire : au XIXe siècle, l'Angleterre, avec dix à trente millions d'habitants, a dominé le monde comme aucun empire avant ou après elle ! C'est faire à tort de la puissance un objectif en soi : Singapour, la Suisse et l'Islande ne prétendent pas dominer le monde mais n'en affichent pas moins une prospérité enviable. C'est enfin croire que les États européens seront plus forts en gommant leur diversité : cette diversité est précisément ce qui a permis aux Européens de bâtir en un millénaire une civilisation plus féconde qu'aucune autre. Le respect de cette diversité est compatible avec l'union ainsi qu'il est dit dans la belle devise de l'Union européenne : « Unie dans la diversité ».
De fait, les dirigeants européens ayant contourné le vote démocratique et imposé le traité constitutionnel sous le nom de traité de Lisbonne, on en a vu les résultats : une Europe plus faible, plus divisée et plus absente que jamais de la scène géopolitique (Moyen-Orient, Israël-Palestine, Afrique, Ukraine...). 
Gagnants et perdants
Que pouvons-nous attendre maintenant du Brexit ? Les Britanniques disposent d'un délai de deux ans pour négocier leur sortie à partir du moment où ils auront invoqué l'article 50 du traité de Lisbonne qui en fixe les modalités. Autant dire qu'ils ne vont pas se presser et laisser traîner les choses. David Cameron a d'ores et déjà annoncé qu'il ne démissionnerait pas avant octobre 2016 et l'on peut penser que son successeur prendra également son temps et ne présentera pas sa demande avant décembre ou même janvier 2017.
Il y va bien sûr de leur intérêt car pendant ce temps et pendant toute la durée des négociations ultérieures (jusqu'en 2019 !), les Européens devront gérer le Brexit toutes affaires cessantes. Ils seront prêts à toutes les concessions pour en finir au plus vite et s'occuper des autres foyers d'incendie : crise grecque et crise de l'euro, crise des migrants, montée de l'euroscepticisme, appel des Néerlandais, des Suédois et même des Français à sortir à leur tour de l'Union...
Maîtres du temps, les Britanniques manifestent par ailleurs une habileté manoeuvrière attestée par quelques siècles d'Histoire. Faisons-leur confiance pour préserver leurs intérêts économiques, commerciaux et financiers tout en recouvrant leur souveraineté nationale. Ils n'ont rien à craindre du côté commercial et douanier : on imagine mal que Bruxelles, prêt à toutes les concessions avec Pékin et Washington, impose par contre de nouveaux droits de douane à Londres. L'enjeu le plus périlleux concerne les banques de la City qui risquent de perdre leur accès automatique à l'ensemble des marchés européens.
Pour les raisons exposées ci-dessus, nous croyons que le Brexit aura à moyen terme des conséquences plus dommageables pour l'Union européenne que pour le Royaume-Uni lui-même :
- Grexit :
Dès le mois de juillet, Bruxelles et Francfort vont une nouvelle fois se pencher sur le cas de la Grèce. Le jeune, beau, fougueux et charismatique Tsipras s'est couché l'an dernier devant les Allemands dans la crainte de voir son pays expulsé de l'Union. Pour quel résultat ? La Grèce est plus pauvre que jamais et qui plus est engluée dans le drame des migrants. Après le précédent britannique, sa sortie de l'Union européenne n'est plus un tabou.
- Isolement international :
En situation de divorce conflictuel avec le Royaume-Uni, cinquième puissance mondiale et principale puissance militaire et diplomatique du continent, l'Union européenne ne va plus être en état de discuter avec qui que ce soit sur la scène internationale pendant les deux ou trois années à venir. Traité de libre-échange avec les États-Unis, conflit ukrainien, échanges avec la Chine sont autant de domaines dans lesquels elle devra faire profil bas. Au Kremlin, il en est qui doivent avoir un sourire en coin.
- Rupture franco-allemande :
L'axe franco-allemand avait une signification réelle en 1963, quand la France était prospère et présidée par le général de Gaulle et l'Allemagne réduite à sa moitié occidentale et gouvernée par le sage Adenauer. Rien de tel aujourd'hui. Au président français pourrait s'appliquer le mot cruel de De Gaulle concernant le dernier président de la IIIe République : « Comme chef d'État, deux choses lui avaient manqué : qu'il fut un chef, qu'il y eut un État ». C'est bien, semble-t-il, l'avis de la chancelière allemande qui, déjà, prend ses distances avec François Hollande et se garde de le rencontrer en tête-à-tête.
- Élections françaises :
Le Brexit chamboule le jeu politique un an avant les élections présidentielles de 2017. Il donne un coup de vieux aux programmes eurocompatibles. Osons un pronostic personnel. L'avenir en jugera. Alain Juppé, qui se veut ultralibéral en matière économique et très ouvert en matière de moeurs et de politique migratoire, va très probablement perdre sur tous les tableaux. Si Nicolas Sarkozy peut convaincre l'électorat de droite de sa énième conversion à une politique plus autoritaire, peut-être a-t-il une chance de revenir dans la course.
Confortée dans ses thèses eurosceptiques, Marine Le Pen se frotte évidemment les mains avec l'assurance d'arriver au second tour des présidentielles. La surprise pourrait venir de l'extrême-gauche avec Jean-Luc Mélenchon qui tient un discours vigoureux et intelligent sur les insuffisances de l'Union européenne. Depuis sa prestation télévisée du 26 mai, il considère aussi comme Michel Rocard que la France « ne peut pas héberger toute la misère du monde ». S'il remise au placard son affection incongrue pour Hugo Chavez, tous les espoirs lui sont permis.
- Écosse :
La sécession de l'Écosse punira-t-elle les Anglais de leur insolence ? Rien n'est moins sûr aujourd'hui. Avec des redevances pétrolières en très forte baisse et surtout la perspective d'une crise majeure de l'Union européenne, les Écossais vont y réfléchir à deux fois avant de rompre leurs amarres avec l'Angleterre et de remonter sur le Titanic.
Qu'on nous pardonne ces insolences. L'Histoire, heureusement, n'est jamais écrite à l'avance et nous réserve toujours des surprises. Il n'empêche qu'aujourd'hui, nous voyons se poursuivre le processus de décomposition amorcé en 2015. Puissent nos dirigeants actuels et futurs en prendre toute la mesure afin d'y mettre un coup d'arrêt.
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MessagePosté le: Dim 26 Juin - 23:22 (2016)    Sujet du message: 27 juin Répondre en citant

15 août 1914
Ouverture du canal de Panamá


Le 15 août 1914 a lieu dans la discrétion l'ouverture officielle du canal de Panamá. L'Europe, qui vient d'entrer dans la plus effroyable guerre de son Histoire, est indifférente à la portée de l'événement.
Une décennie plus tôt, les États-Unis ont fomenté sur l'isthme une insurrection en vue de détacher le territoire de la république de Colombie et le constituer en État vassal...
Alban Dignat
 
Un enjeu stratégique pour WashingtonLe Panamá ayant l'insigne privilège d'être l'endroit le plus étroit de l'isthme qui unit l'Amérique du Nord à l'Amérique du Sud, les Européens ont, dès le XVIe siècle, l'idée d'y percer un canal pour relier l'océan Atlantique à l'océan Pacifique. Après l'échec de Ferdinand de Lesseps, les Américains relèvent le défi et, pour 40 millions de dollars, rachètent les droits des Français sur le canal.
Depuis leur guerre contre l'Espagne (1898), les États-Unis veulent éviter le contournement de l'Amérique du sud par le détroit de Magellan et le cap Horn aux navires qui relient la Californie à la côte Est, le passage par l'isthme ramenant de 24 500 à 9 500 kilomètres le parcours entre San Francisco et New York. 
Ils songent d'abord à un canal qui passerait plus au Nord, par le Nicaragua, où l'isthme est plus large qu'à Panamá mais n'est pas traversé par une chaîne de montagnes. Finalement, ils se rallient au principe d'un canal à écluses à travers Panamá, selon la conception de l'ingénieur français Philippe Bunau-Varilla.
Approché par Washington, le gouvernement de la Colombie, qui exerce sa souveraineté sur le territoire panaméen, s'oppose cependant au projet. Du coup, les États-Unis encouragent la bourgeoisie de Panamá à faire sécession le 3 novembre 1903.
Quinze jours plus tard, ils signent avec le nouvel État le traité Hay-Bunau-Varilla pour la construction du canal. Il porte le nom du secrétaire d'État américain Hay et de l'ingénieur Bunau-Varilla. Il prévoit la cession à perpétuité aux États-Unis d'une bande de 10 miles de large (16 kilomètres) en échange de 10 millions de dollars (une broutille).
 
Des travaux éprouvantsUn médecin américain, William Gorgas, engage sans attendre la lutte contre les moustiques qui infectent la région et propagent la malaria. Malgré cela, sous le climat tropical, les travaux de construction du canal se révèlent éprouvants. Ils mobilisent jusqu'à 24 000 ouvriers essentiellement originaires des Antilles, sous la direction de l'ingénieur civil John Stevens.
Le canal, long de 80 kilomètres, comporte deux lacs artificiels et trois jeux d’écluses de 33 mètres de large : Miraflores, avec deux chambres inversées ; Pedro Miguel, avec une seule chambre ; Gatún avec trois chambres dénivelées. Les travaux auront coûté seulement 375 millions de dollars, soit 22 millions de moins que prévu !
L'inauguration, au début de la Grande Guerre, le 15 août 1914, se traduit par la traversée du vapeur américain Ancon, en huit à dix heures.
Le trafic interocéanique passe de 2 000 navires par an pendant la Grande Guerre à 14 000 par an au début du XXIe siècle, avec un tonnage supérieur à 200 millions de tonnes. Il représente à ce moment-là 6% du trafic maritime mondial mais sa progression est freinée par la capacité insuffisante des écluses et la largeur du chenal.
Le canal du IIIe millénaire
Le 1er janvier 2000, l'État panaméen a la satisfaction de rétablir sa souveraineté sur toute la zone du canal suite aux traités Torrijos-Carter signés en 1978 entre le président panamén Omar Torrijos et le président américain Jimmy Carter.
Le 22 octobre 2006, par référendum, les Panaméens approuvent un projet d'agrandissement du canal, pour un montant de plus de cinq milliards de dollars. Le chenal élargi et les nouvelles écluses sont inaugurées le dimanche 26 juin 2016, après huit ans de travaux, en présence de plusieurs chefs d'État américains.
Le nouveau canal est désormais accessible à des cargos de type Panamax (366 mètres de long x 49 mètres de large) et d'une capacité de 14 000 conteneurs, soit plus du double de la capacité précédemment autorisée.
 
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MessagePosté le: Dim 26 Juin - 23:22 (2016)    Sujet du message: 27 juin Répondre en citant

Une Histoire des vacances


L'histoire des vacances est communément réduite à l'instauration des congés payés sous le Front Populaire. À tort, car elle est bien plus ancienne et riche d'enseignements. Allons de ce pas à la rencontre des idées reçues...
Aristocrates romains : ma cabane en Campanie
Le besoin de se mettre au frais durant l'été n'a rien d'une nouveauté. Déjà, les riches Romains fuyaient la Ville éternelle durant les périodes caniculaires (cet adjectif désigne la période du 24 juillet au 24 août, quand monte au firmament l'étoile Sirius, aussi appelée « petite chienne », canicula en latin).
À l'image de leurs empereurs, tel Hadrien qui se fit construire une splendide villa à Tibur (Tivoli), les Romains voulaient échapper à la malaria et aux maladies propagées par les moustiques dans la région marécageuse du Latium. On sait ce qu'il en coûta à ceux qui choisirent pour villégiature la tranquille station de Pompéi, dans le golfe de Naples, en l'an 79...

Bien plus tard, les élites médiévales eurent aussi à coeur de fuir leur ville au odeurs pestilentielles. Ainsi les évêques se faisaient-ils volontiers construire  à la campagne des résidences de plaisance, néanmoins fortifiées (on ne sait jamais). Même chose pour les riches bourgeois des cités italiennes dont les maisons de campagne  témoignent encore de leur opulence.
Le Moyen Âge sur les routes
Le Moyen Âge ne pratique pas les vacances au sens de farniente (de l'italien : ne rien faire). Il connaît de nombreuses journées de repos ; mais c'est pour la bonne cause, à savoir prier et se recueillir.
À la suite des rabbins juifs, qui prescrivent le repos hebdomadaire du sabbat (le samedi) afin que l'homme évite de tomber dans l'esclavage du travail, les clercs de l'Église recommandent à chacun de s'abstenir de tout travail dans la mesure du possible le jour du Seigneur (du latin « dies Dominicus », qui a donné dimanche).
L'Église multiplie par ailleurs les journées chômées sous tous les prétextes : fête du saint votif (le saint patron de la paroisse) et autres fêtes religieuses, de sorte que l'année en vient à compter davantage de jours chômés que de jours ouvrés... Rien à voir avec la pensée moderne, qui voit le travail comme l'alpha et l'oméga de la vie et les vacances comme un mal nécessaire.
Comme nous, plus encore que nous, nos aïeux se déplacent beaucoup. Mais c'est plus par nécessité que par plaisir.
Il n'y a pas que les marchands et les soldats à se déplacer... 
Les gens de toutes conditions, au Moyen Âge, entreprennent de grands et longs voyages, bien plus éprouvants que nos sauts de puce en Airbus d'un aéroport à l'autre.
Du paysan au grand seigneur, beaucoup, un jour ou l'autre, sont saisis de l'envie d'aller se recueillir sur le tombeau d'un grand saint, à Tours, Compostelle, voire à Jérusalem.
Dans ces pèlerinages, la motivation religieuse est indissociable de la soif d'aventures et de la curiosité.
Les Anglais inventent le tourisme
À la Renaissance, avec l'émergence des États-Nations et la baisse de la ferveur religieuse, les pèlerinages tendent à décliner.
Dans le même temps, nobles et artistes inventent les voyages « touristiques » ou « culturels ». Ils se rendent à Rome et en Italie, à la recherche des splendeurs de l'Antiquité. Montaigne nous a ainsi laissé une relation de ses voyages outre-monts, comme bien après lui Stendhal et bien d'autres.
Cette pratique se généralise au XVIIIe siècle sous l'influence des Britanniques : les rejetons des grandes familles sont envoyés en Italie - outre Rome, Pompéi devient une étape incontournable - pour parfaire leur formation, c'est « the Grand Tour », qui est aussi et souvent surtout une occasion de faire la fête.
En parallèle, les Britanniques inventent le tourisme thermal. Le premier lieu de destination est, en Angleterre même, la station de Bath, merveille architecturale de style georgien, inspirée par les Romains qui avaient déjà développé des thermes dans cette ville. La bonne société s'y promène, se rend au théâtre et va surtout jouer. Elle lance ainsi une mode qui perdurera jusqu'au début du XXe siècle : celle des villes d'eaux.

Sur le Continent, la première station thermale - et la plus célèbre - est Spa, près de Liège, dans l'Ardenne belge. Son nom va désigner le thermalisme en anglais et les bains à remous dans la plupart des langues modernes. Dès la fin du XVIIIe siècle, la haute société européenne aime à s'y retrouver, à l'imitation de l'empereur Joseph II de Habsbourg-Lorraine.
C'est aussi au XVIIIe siècle - décidément grand moment de la préhistoire du tourisme - que se développe l'habitude des bains de mer à des fins thérapeutiques, dont le grand modèle est Brighton.
Au milieu du XVIIIe siècle, la haute montagne, jusque-là répulsive, fascine à son tour l'Europe lettrée, sensible aux descriptions de Jean-Jacques Rousseau dans la Nouvelle Héloïse.
Dans le même temps, un autre Genevois, l'étudiant Horace Bénédict de Saussure, se prend de passion pour le Mont Blanc, qui est alors partie intégrante du royaume de Piémont-Sardaigne.
Devenu un notable, il offre une prime à qui atteindra le premier son sommet. La prime revient à Michel Paccard (29 ans), passionné de botanique, et Jacques Balmat (24 ans), son accompagnateur, qui atteignent le sommet du Mont Blanc le 7 août 1786.
C'est le début de la « ruée vers l'or blanc ».
Le tourisme bon chic bon genre
Dès la chute du Premier Empire, en 1815, les riches Britanniques prennent l'habitude de se rendre en hiver à Hyères ou à Nice (d'où la fameuse Promenade des Anglais, en bord de mer) pour bénéficier de la douceur du climat méditerranéen.
Ils entraînent dans leur sillage toute l'Europe aisée, avec le concours des médecins qui considèrent que le changement d'air permet de soigner à peu près n'importe quelle maladie. Têtes couronnées, aristocrates et rentiers se précipitent dans les nouvelles stations climatiques, thermales ou balnéaires.
Les Autrichiens aiment à se retrouver à Carlsbad (aujourd'hui Karlovy-Vary) ou Marienbad, en Bohême. Les Allemands préfèrent Bad Ems, en Rhénanie,  tel l'empereur Guillaume 1er, à l'origine d'une célèbre dépêche.
En France, le Second Empire voit la création de Biarritz, dans le pays basque, station préférée d'Eugénie de Montijo, ainsi que de Deauville, sur la côte normande, de Vichy, en Auvergne, de Plombières, dans les Vosges, où l'empereur Napoléon III reçoit en secret le ministre piémontais Cavour...

Ces stations annoncent une nouvelle ère du tourisme : lancées grâce à d'importants investissements (le comte de Morny, demi-frère affairiste de Napoléon III, est à l'origine de la station de Deauville), elles deviennent accessibles au plus grand nombre grâce au chemin de fer (...).
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MessagePosté le: Dim 26 Juin - 23:23 (2016)    Sujet du message: 27 juin Répondre en citant

26 juin 1794
La Révolution est sauvée à Fleurus


Le 8 messidor an II (26 juin 1794), les Français remportent une bataille décisive sur les Autrichiens à Fleurus, entre Charleroi et Namur, dans les Pays-Bas autrichiens (Belgique actuelle).

La Révolution en danger
L'année 1793 a été désastreuse pour la Révolution française : soulèvement de la Vendée, occupation de Toulon par les Anglais, défaites militaires....
Sur la frontière du nord, une armée de 80 000 hommes doit à tout prix repousser la menace d'invasion. Elle bénéficie du recrutement des « volontaires de l'an II » (le calendrier révolutionnaire fixe au 21 septembre 1792 le début de l'ère nouvelle). Selon le nouveau principe de l'« amalgame », elle est constituée en demi-brigades, chacune comprenant un bataillon de soldats expérimentés et deux bataillons de volontaires.
Quoi qu'il en paraisse, les « volontaires », recrutés sous la contrainte ou contre rémunération, ne sont pas autant que le dit la légende portés par l'enthousiasme, encore moins par la compétence. Leurs succès doivent beaucoup à la fermeté jacobine. Un jeune et fougueux représentant en mission de 27 ans, Louis-Antoine Saint-Just, stimule les énergies. Il fait fusiller les déserteurs, casse les officiers incapables, traque les tièdes.
En mars 1794, Saint-Just place l'armée de la Moselle sous le commandement de Jean-Baptiste Jourdan qui, après son succès de Wattignies, avait été écarté en raison de son opposition aux choix du Comité de Salut Public.
Après plusieurs tentatives infructueuses face aux Autrichiens du général Kaunitz, les soldats réussissent le 18 juin 1794 à franchir la Sambre au niveau de Charleroi. Après un siège d'une semaine, les Français s'emparent de la ville le 25 juin 1794.
C'est alors que s'approche le feld-maréchal prussien Frédéric de Saxe-Cobourg, à la tête de 70 000 coalisés Prussiens et Autrichiens. Tandis que les Français se déploient sur les hauteurs de Fleurus, au nord de Charleroi, sur 28 kilomètres, Saxe-Cobourg commet l’erreur de les attaquer sur tous les points à la fois.
La première décharge des Autrichiens fait plusieurs milliers de victimes mais ne décourage pas les révolutionnaires. Pendant plusieurs heures, les soldats français reviennent à la charge en colonnes infatigables. Le soir, de lassitude, le prince de Cobourg abandonne le champ de bataille sur lequel il laisse 5 000 morts et blessés. Son armée se retire en bon ordre vers Bruxelles.
Les vainqueurs ne s'attardent pas à Fleurus. Ils se lancent sans attendre dans une contre-offensive, entrent à leur tour à Bruxelles et Liège, occupent sans coup férir Cologne et enfin Coblence.
L'armée de Jourdan prend le nom de Sambre-et-Meuse en souvenir de sa victoire de Fleurus. La France est sauvée de l'invasion. Lazare Carnot, en charge de la guerre au Comité de Salut public veut profiter de son avantage et refuse une paix prématurée. Celui que l'on appelle « l'organisateur de la victoire » propose de porter les frontières de la France sur le Rhin, sa « frontière naturelle ».
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