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18 avril

 
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Ives
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MessagePosté le: Dim 17 Avr - 21:58 (2016)    Sujet du message: 18 avril Répondre en citant

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ça s'est passé un...
18 avril
Événements
18 avril 1506 : Construction de Saint-Pierre de Rome
Le 18 avril 1506, le pape Jules II, issu de la famille des Médicis, pose la première pierre de la future basilique de Saint-Pierre de Rome.
La construction de cet édifice somptueux, le plus grand de la Chrétienté, va nécessiter d'énormes dépenses et entraîner la hiérarchie catholique à pressurer les fidèles. C'est ainsi que se développera le trafic des Indulgences, qui sera à l'origine de la Réforme protestante.
18 avril 1904 : Jean Jaurès fonde L'Humanité
Le 18 avril 1904, le leader socialiste Jean Jaurès fonde son propre journal, L'Humanité, et s'attire rapidement un grand succès grâce à ses talents journalistiques.
Tiré à 140.000 exemplaires, le nouveau quotidien ne tarde pas à réunir d'illustres signatures comme Léon Blum, Anatole France, Aristide Briand, Jules Renard, Octave Mirbeau, Tristan Bernard, Henri de Jouvenel...
18 avril 1906 : San Francisco en ruines
Le 18 avril 1906, la ville de San Francisco, en Californie centrale, est détruite par un tremblement de terre. Plusieurs secousses de magnitude 8,5 sur l'échelle de Richter soulèvent le sol à plusieurs reprises.
Le séisme entraîne près de 700 morts et la destruction totale de la ville...
suite de l'article
18 avril 1943 : Mort de l'amiral Yamamoto
Le 18 avril 1943, un bombardier japonais en route vers les îles Salomon est abattu par la chasse américaine avec à son bord l'amiral Isokoru Yamamoto, le maître d'oeuvre de l'attaque sur Pearl Harbor. Les États-Unis avaient eu vent de sa présence à bord de l'avion en déchiffrant des messages radio et ils allaient profiter de l'aubaine pour se débarrasser de leur ennemi. Cette affaire illustre l'importance des services secrets pendant la deuxième guerre mondiale.
18 avril 1955 : Le tiers monde se réunit à Bandoeng
Une conférence afro-asiatique se réunit du 18 au 24 avril 1955 à Bandoeng (on écrit aussi Bandoung ou Bandung), sur l'île de Java. Elle réunit pour la première fois les principaux représentants du tiers monde. Parmi eux Nehru, Chou En-lai (Zhou Enlai), Nehru, Nasser, Sihanouk,...
suite de l'article
C'est sa fête : Parfait
Ce prêtre catholique vivait à Cordoue, du temps où l'Espagne était gouvernée par un calife musulman. Il est prié d'exposer les différences entre la Bible et le Coran et se soumet à l'exercice avec brio.
Ses interlocuteurs affectent d'être satisfaits mais quelques jours plus tard le font arrêter pour blasphème. Il est décapité le 18 avril 850. C'est le début d'une vague de persécutions qui s'étendra sur dix ans. Saint Parfait est enseveli en l'église Saint-Aciscle.

Décès
Roxelane
1500(Ruthénie) - 18 avril 1558 à Istamboul (Turquie)
Conformément à la tradition ottomane, le sultan Soliman le Magnifique jouit d'un harem peuplé de concubines et d'esclaves en provenance de toutes les parties du monde, sous la surveillance d'eunuques noirs.
L'une de ces esclaves va prendre une place inhabituelle dans le coeur du souverain comme dans les affaires de l'empire. Originaire de Ruthénie, un pays chrétien à l'est des Carpathes, elle a été enlevée par des Tatars et vendue au harem...
Voir : Favorite du sultan
Albert Einstein
14 mars 1879 à Ulm (Allemagne) - 18 avril 1955 à Princeton (États-Unis)
Albert Einstein, avec sa figure de vieux savant inspiré, est le parfait représentant de la science du XXe siècle. Né en Allemagne, il se fait connaître à vingt-cinq ans, en 1905, par plusieurs articles qui révolutionnent la physique newtonienne.
En 1919, la vérification expérimentale de sa théorie de la relativité générale à l'occasion d'une éclipse (courbure de la lumière à proximité d'une masse) lui procure une notoriété mondiale.
Juif et pacifiste, Einstein est déchu de la nationalité allemande en 1933 par le régime nazi et s'expatrie aux États-Unis, à Princeton, où il poursuit ses recherches. Dès 1945, il participe à un comité de scientifiques pour sensibiliser l'opinion aux dangers de l'arme atomique.
Voir : Albert Einstein découvre la relativité
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MessagePosté le: Dim 17 Avr - 22:04 (2016)    Sujet du message: 18 avril Répondre en citant

Ephéméride du 18 Avril
Saints à FêterAPOLLONIUS - ATHANASIE - AYE - COSMAS - ELEUTHERE - EUTHYME DE CARELIE - GAUDIN - JEAN DE JOANNINA - JUBIN - NAUCRACE - PARFAIT DE CORDOUE
Fête Nationale
NomRépublique du Zimbabwe - Republic of Zimbabwe
Drapeau
CapitaleHarare
MonnaieDollar de Zimbabwe
Langues officiellesAnglais, SHona
Localisation
Fête ParticulièreJournée des secrétaires, à vos bouquets, messieurs les patrons !
 
Naissances Célèbres


1921 Jean Richard, acteur (Maigret), directeur de Cirque.

1927 Charles Pasqua,
cadre commercial de Ricard,
administrateur de société,
ministre de l'intérieur,
président du Conseil Général des Hauts-de-Seine,
député européen
candidat au éléection présidentielles en France en 2002
mis en examen par les magistrats de la CJR dans l'Affaire Sofremi
mis en examen le 5 avril 2006 pour "corruption d'agents publics étrangers" et "trafic d'influence aggravé". (voir l'article du Monde du 7 Avril 2006)

1942 Jochen Rindt, pilote de Formule 1 :
62 Grands Prix disputés entre 1964 et 1970
6 victoires,
13 podiums,
10 poles positions,
18 premieres lignes,
3 meilleurs tours
Et un titre de champion du monde ... à titre posthume après l'envol fatal de la LOTUS/FORD à Monza dans la Parabolica.

1947 James Woods, acteur.

1962 Barbarella, héroïne de BD peu vétue, née de l'imagination de Jean-Claude Forest. Elle va donner naissance à un film de Roger Vadim où elle est incarnée par Jane Fonda.

1964 Isabelle de Truchis de Varenne, dite Zazie, chanteuse.

1973 Haile Gebrselassie, athlète
Champion du monde Junior du 5 000 m en 1992
Champion du monde Junior du 10 000 m en 1992
Champion du monde du 5 000 m en 1993
Champion du monde du 10 000 m en 1993, 1995, 1997 et 1999
Champion du monde en salle du 1 500 m en 1999
Champion du monde en salle du 3 000 m en 1997 et 1999)
Champion du monde du semi-marathon en 2001
Champion Olympique du 10 000 m en 1996 et 2000
15 Records du monde battus (sur 5 000 mètres, 10 000 mètres, semi-marathon, 20 km route, 10 km route, du 25 km, 20 km m sur piste, de l'heure sur piste et enfin marathon !)

1982 Séverine Goulois, membre de l'équipe de France de football féminin durant la Coupe du Monde aux USA en 2003.
Décès Célèbres


0850 Perfectus, prètre devenu saint : saint Parfait. Il est décapité en ce jour de Pâques, pour avoir refusé de retirer ses propos controversés sur le prophète Mahomet.

1955 Albert Einstein, physicien, prix Nobel de physique en 1921. Avec lui tout est relatif, même et surtout la nationalité : de 1879 à 1900, il est allemand, puis suisse de 1900 à 1940 et enfin américain de 1940 à 1955.

1974 Marcel Pagnol, écrivain, réalisateur "Angèle", "César", "Regain", "Le Schpountz", élu à l'Académie française et promoteur de la langue provençale.

1988 Pierre Desproges, journaliste et humoriste.

1992 Alfred Hawthorne Hill, dit Benny Hill, comique.

2002 Germaine Haye, la doyenne des Français.

2002 Thor Heyerdahl, aventurier scientifique norvégien, chef de l'expédition du "Kon-Tiki", qui avait traversé l'Océan Pacifique du Pérou à la Polynésie sur un radeau de balsa en 1947.
Evènements


0850 Le prêtre Perfectus (saint Parfait) qui a osé débattre des erreurs de l'islam avec deux faux amis musulmans qui l’ont dénoncé, est décapité pour blasphème à Cordoue.

1506 Le Pape Jules II pose la première pierre de la Basilique Saint-Pierre de Rome.

1663 La Turquie déclare la guerre au Saint-Empire Romain germanique.

1863 Parution du premier roman de Jules Verne "Cinq semaines en ballon".

1867 Vente de l'Alaska de la Russie aux Etats Unis d'Amérique :
30 mars 1867, le traité de vente de l'Alaska est signé.
18 avril 1867, le Sénat des Etats-Unis réuni en session extraordinaire ratifie le traité, après un deuxième vote, à la majorité des voix (37 contre 2).
18 octobre 1867, le transfert des colonies russes aux Etats-Unis intervient. Le général Dowell H. Rousseau, débarque à Sitka à la tête d'une petite unité, releve la garnison russe.
Selon le traité signé, le Trésor russe devait percevoir 7 200 000 dollars-or.

1904 Parution en France du premier numéro de "l'Humanité", journal fondé par Jean Jaurès.

1906 Un séisme à San-Francisco détruit la ville en partie. On comptera plus de 3 000 victimes et plus de 250 000 sans abris.

1909 Le Pape Pie X béatifie Jeanne d'Arc.

1934 Première laverie automatique aux Etats-Unis.

1942 Premier raid aérien américain sur Tokyo.

1948 Toulouse bat Toulon 11 à 3 et garde son titre de champion de France de Rugby.

1951 Par le traité de Paris, l’Europe des Six (France, Allemagne Fédérale, Italie, Belgique, Luxembourg et Pays-Bas) fonde la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) sur un projet lancé en 1950 par Robert Schuman, le « père de l’Europe ».

1949 Proclamation d'indépendance de la république de l'Eire, à Dublin.

1962 Sortie du film "La Guerre des boutons" de Yves Robert avec André Treton, Martin Lartigue (Tigibus), Michel Isella, Jacques Dufilho, Robert Rollis, Paul Crauchet, Jean Richard,...

1964 Naissance de la deuxième chaine TV en France.

1966 Début de la Révolution Culturelle Chinoise.

1973 Naissance du journal "Libération".

1980 Proclamation d'indépendance du Zimbabwé, ex-Rhodésie.

1983 Un attentat à la voiture piégée détruit en partie l'ambassade américaine de Beyrouth tuant 63 personnes.

1988 Un problème dans une centrale éléctrique plonge durablement le Québec dans le noir durant une tempête de neige.

1997 Michael Klim, Graeme Hackett, W. Kirby et Matt Dunn portent le record du monde du 4 x 200 m nage libre par relais en petit bassin à 7'02"74.

1997 L'équipage d'un avion laboratoire, qui effectue des prélèvements dans la stratosphère, capte la présence d'un nuage d'hydrocarbure à 19 000 m d'altitude sur 160 km d'étendue et 90 m d'épaisseur. Le lanceur russe parti du cosmodrome de Baïkonour le 6 avril pour une mission de ravitaillement de la station Mir est incriminé de cette pollution.

1998 William Jefferson Clinton, dit Bill Clinton, président des USA, avoue avoir eu une "relation déplacée" avec la stagiaire Monica Lewinsky.

2000 Connell Watkins et Julie Ponder, "thérapeutes" (américains évidemment) se font payer 7 000 $­­­ pour faire subir une séance de "renaissance" à une fillette de 10 ans pour la guérir d'"un problème affectif".
Candace, c'est son prénom, est placée sous un drap et ensevelie sous des oreillers et est sensée s'échapper pour simuler sa re-naissance.
Devant la mère et les deux imbéciles (tiens ça fait trois) la fillette meurt par suffocation.
J'ignore si la peine de mort est en vigueur au Colorado, lieu de la clinique, mais si c'est le cas, peut-être méritent t-ils d'être placés sur une chaise, et qu'un courant les traversent afin de les libérer de leur connerie ! Ca c'est de la thérapie !

2002 Un "Rockwell Commander" (petit avion de 4 places) se crashe sur la "Tour Pirelli" en Italie, tuant 3 personnes, dont le pilote dont on dira qu'il voulait se suicider.

2002 Dans le cadre de l'"Opération Tarmac", arrestation de 33 employés de l'aéroport international Sky Harbor de Phoenix, USA, pour fausses déclarations à leur embauche.

2002 A Rouen, France, un adolescent est condamné à 15 ans pour le meurtre (64 coups de couteau !) de Sandra, son amie, par dépit amoureux.

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MessagePosté le: Lun 18 Avr - 04:27 (2016)    Sujet du message: 18 avril Répondre en citant

Des Zélotes à Daech
La Terreur, jalon sanglant de l’Histoire


Voir la version intégrale

Si grande que soit l'émotion causée par les attentats de ces derniers mois en France, en Belgique et ailleurs, elle ne fait pas du terrorisme une caractéristique de notre époque. Des zélotes à Ravachol et au Sentier Lumineux, il nous a accompagnés tout au long des deux derniers millénaires.
Encore faut-il s'entendre sur la définition que l'on en donne. Nous verrons ci-après qu'il revêt des formes très diverses dont certaines peuvent même se teinter de légitimité.
Reste à identifier les formes propres au terrorisme islamiste de ce XXIe siècle...
« Vous avez dit Terreur ? »
Le mot terreur est employé dans la langue courante pour désigner une crainte violente mais c'est seulement depuis la Révolution française qu'il s'écrit avec une majuscule pour désigner une entreprise politique destinée à vaincre les adversaires. Le 5 septembre 1793, les députés de la Convention mettent « la Terreur à l'ordre du jour » et dès l'année suivante, les partisans de la Terreur sont qualifiés de « terroristes » par leurs adversaires.
De façon succincte, la législation britannique définit aujourd'hui le terrorisme comme « l'usage de la violence à des fins politiques et inclut n'importe quel usage de la violence dans le but de provoquer la peur dans le public ou une fraction quelconque du public »
Cette définition exclut les massacres qui accompagnent tous les conflits depuis la haute Antiquité, dès lors qu'ils visent à l'extermination de l'ennemi (guerres de religion, guerres indiennes, génocides) ou sont dépourvus de finalité autre que le sadisme.


Le terrorisme ou la résistance à l'oppression
On détecte les premières formes de terrorisme en Palestine, au 1er siècle de notre ère, quand la secte des zélotes se rebelle contre Rome. En l’an 6, elle organise des émeutes pour dénoncer un recensement de la population par le procureur romain et restaurer le royaume juif dans son indépendance et sa pureté.
La répression est impitoyable. Deux mille zélotes sont crucifiés pour faire un exemple.
Engagés dans une guerre de libération contre les Romains et leurs collaborateurs, les zélotes - ou sicaires - vont à leur tour semer la terreur en égorgeant leurs victimes au milieu de la foule, sur les marchés.
Traqués par les légions, ils finiront par se donner eux-mêmes la mort dans le siège de Massada.
Ce conflit constitue le premier cas historiquement attesté de résistance à l'oppression étrangère. L'Histoire nous en a offert depuis lors bien d'autres exemples, de la guérilla des Espagnols contre les armées napoléoniennes à la lutte contre l'occupant nazi, sans oublier la guerre menée par les juifs de Palestine contre l'occupant britannique.
On peut ajouter à cette liste les guerres de type colonial, les Irlandais contre les Anglais, les Macédoniens contre les Ottomans, les Kurdes contre les Turcs, le FLN algérien contre les Français, les Palestiniens contre Israël... À la différence des précédentes, ces guerres incluent des attentats aveugles contre les civils, coupables soit de collaborer avec le camp adverse soit tout simplement d'indifférence à la cause. 
Si toutes ces formes de violence excluent le suicide, notons toutefois que les Palestiniens s'y prédisposent en se qualifiant de « fidaiyyun » (ou fedayins, d'un mot arabe qui désigne ceux qui se sacrifient).
La Terreur, arme du faible contre le fort
Au Moyen Âge déjà, les membres de la secte des Assassins se qualifiaient de « fidaiyyun »... De fait, ils n'hésitaient pas à faire le sacrifice de leur vie quand ordre leur avait été donné de poignarder un ennemi.
Issue d'un courant minoritaire de l’islam chiite, la secte s'empare en 1090 de la forteresse d'Alamout, dans l'Elbourz (Iran actuel), et dès lors n'a de cesse de préserver son indépendance face aux Turcs seldjoukides qui dominent la région et au milieu d'un monde musulman hostile. 
Faute de pouvoir aligner des armées en nombre suffisant, elle emploie la Terreur, arme du faible contre le fort. Ses méthodes relèvent de l’assassinat politique ciblé, sur les marchés ou dans les mosquées.
La secte va perdurer pendant un siècle et demi, jusqu'à l'irruption au milieu du XIIIe siècle de guerriers nomades plus terribles qu'elle-même, les Mongols. 
Chassés de la steppe par la sécheresse, ils vont renverser de puissants empires, de la Chine à la Perse, en compensant leur infériorité numérique par la Terreur. L’effet de surprise et l’effroi constituent leurs principaux atouts pour subjuguer de paisibles et prospères populations sédentaires et les dissuader de résister.
À la tête des Mongols, Gengis Khan incarne cette Terreur. Sa stratégie est simplissime : on se présente devant une première ville et si elle ne se rend pas sur le champ, on la livre au pillage et aux flammes après avoir proprement décapité tous ses habitants sans exception et constitué des pyramides de têtes. L'effet est garanti sur les villes suivantes.

La Terreur d'État
 La France, nous l'avons vu, invente la « terreur d'État » dans les années 1793-1794 en suspendant toutes les garanties judiciaires, « préfigurant une pratique qui va se développer considérablement au XXe siècle avec l’avènement des totalitarismes et de la violence à grande échelle », écrivent Gérard Chaliand et Arnaud Blin (Histoire du terrorisme, Fayard, 2015).
Un siècle plus tard, quand éclate la Révolution russe, Lénine puis Staline installent un nouveau terrorisme d’État plus brutal et plus durable que le précédent. 
« Dès l’instauration du régime de terreur en septembre 1918, on trouve déjà la plupart des éléments qui vont caractériser non seulement la terreur pratiquée par Lénine –puis avec une tout autre intensité par Staline -, mais celle que vont pratiquer d’autres régimes politiques se revendiquant héritiers du marxisme-léninisme dont la Chine de Mao Zedong, le Cambodge de Pol Pot ou plus récemment la Corée du nord » (*).
Le terrorisme d'État se retrouve dans tous les régimes totalitaires du XXe siècle avec son corollaire, l'arbitraire et la disparition des garanties judiciaires. Les dictatures latino-américaines comme la République islamique d'Iran vont y avoir recours sans autre but que l'éradiquation des opposants.
La violence révolutionnaire
En Occident, au XIXe siècle, le déclin de la religion et de l'absolutisme s'accompagne de la libération de l'individu et de l'espérance en un monde meilleur. Il s'ensuit de nombreux courants de pensée dont certains, comme le nihilisme et le populisme, vont alimenter le terrorisme révolutionnaire.
Au moins à ses débuts, le terme de tyrannicide serait plus approprié concernant cette violence dirigée contre les gouvernants et leurs agents. La série commence avec Lincoln (1865) et se poursuit avec Alexandre II, Sadi Carnot (1894), Humbert 1er (1900), McKinley (1901) etc etc.  
La violence révolutionnaire ne se cantonne pas à ces assassinats ciblés. Lancées sans excès de précaution, les bombes atteignent aussi des civils dépourvus de toute fonction de responsabilité ou de commandement.
En France, les attentats sont plutôt le fait d'individus isolés qui se revendiquent de l'anarchisme. De 1892 à 1894, « la population française vécut dans une véritable psychose de l’attentat » à tel point que les journaux de l’époque créèrent une rubrique permanente "La dynamite" » (*).
Les attentats de Ravachol, d’Auguste Vaillant au Palais-Bourbon et de leurs émules plongent le pays dans une vague terroriste sans précédent en période de paix civile.
Les « années de plomb »
À la fin du XXe siècle, à l'issue de la reconstruction d'après-guerre et des  « Trente Glorieuses », voilà qu'émerge une extrême-gauche révolutionnaire dans la jeunesse intellectuelle d'Europe. Elle se nourrit de la révolte étudiante contre l'intervention américaine au Vietnam et du mythe de la « révolution permanente » exporté par Fidel Castro, Che Guevara et Mao.
L’Italie est victime des Brigades rouges qui enlèvent et assassinent de nombreuses personnalités dont le leader politique Aldo Moro en 1978. L’extrême-droite réplique par des attentats aveugles avec l'intention de déstabiliser l'État.
En Allemagne, dans le même temps, sévit la Fraction Armée rouge ou Bande à Baader. Elle attaque des bases américaines en 1972, enlève et assassine aussi des personnalités.
Ces « années de plomb » se terminent plus ou moins avec l'attentat de la gare de Bologne le 2 août 1980 par un autre groupe d'extrême-droite (85 morts).
Isolés, sans enracinement populaire ni soutien extérieur, ces organisations extrémistes s'épuisent d'elles-mêmes dans les années 1980. 
Faisons une place à part aux organisations d'inspiration maoïste, castriste, trotskiste ou d'extrême-droite qui émergent dans les années 1970 et 1980 en Amérique latine. Leurs dirigeants sont issus de la petite bourgeoisie blanche et intellectuelle.
Beaucoup plus meurtrières que leurs consoeurs européennes, elles exercent une forme dégradée de terrorisme d'État sur les populations paysannes qui tombent sous leur joug. Elles conjuguent aussi le terrrorisme révolutionnaire avec le trafic de la drogue et les enlèvements contre rançon.

Le terrorisme moyen-oriental, de l'OLP à Daech
Tandis que l'extrême-gauche européenne affûtait ses armes, un terrorisme protéiforme prenait racine au Moyen-Orient. 
Ce terrorisme est d'abord le fait des Palestiniens en lutte contre Israël. Leur combat relève de la guerre de décolonisation ou de la résistance à l'oppression. Il s'inscrit dans une perspective laïque.
La tragique prise d'otages des sportifs israéliens aux Jeux Olympiques de Munich, en 1972, fait prendre conscience au monde entier de la cause palestinienne. Mais celle-ci se marginalise dès la fin de la décennie cependant qu'éclate en Iran la révolution islamique, de façon aussi brutale qu'inattendue.
Très vite épuisé par ses excès, le régime khomeiniste doit faire face en 1980 à une agression de l'Irak voisin, dirigé d'une poigne de fer par le dictateur laïc Saddam Hussein, mascotte des Occidentaux. N'ayant pour seul allié que l'État d'Israël, il va employer contre ses ennemis extérieurs la Terreur, arme du faible contre le fort.
La France de François Mitterrand, très engagée aux côtés de l'Irak avec ses contrats d'armement, est ainsi meurtrie par une vague d'attentats auxquels sont probablement associés les services secrets iraniens : assassinat de l'ambassadeur Delamare et explosion de l'immeuble « Drakkar » à Beyrouth ; attentats de la rue Copernic, du magasin Tati, de la rue des Rosiers à Paris...
Une fois l'Irak hors-jeu, la République islamique d'Iran n'aura plus recours à la Terreur. 
Mais sa révolution religieuse va résonner dans tout le monde musulman et en particulier dans le Proche-Orient arabo-sunnite, dont la jeunesse n'en finit pas de ruminer l'échec des révolutions nassérienne (Égypte) et baasistes (Syrie, Irak) à tonalité laïque, sociale et nationale.
Elle va résonner aussi chez beaucoup de jeunes musulmans d'Europe qui peinent à s'intégrer à leur pays d'accueil et à ses valeurs (sacralisation du travail et de l'étude, égalité des sexes, liberté de pensée).  
Dépitée par la modernité occidentale, cette jeunesse proche-orientale et islamo-européenne va donc chercher un idéal de rechange dans le salafisme, la forme la plus archaïque de la religion musulmane, prônée par les Frères musulmans et les wahhabites au pouvoir en Arabie séoudite et au Quatar.
Sont très majoritairement concernés par ce phénomène les Arabes sunnites du Moyen-Orient. Sont par contre épargnés les Turcs, Kurdes et autres sunnites, ainsi que bien sûr les chiites. C'est que les premiers souffrent d'avoir été éjectés de l'Histoire il y a déjà plus de mille ans par les Persans puis les Turcs. Rétifs à la culture (*), ils ne se voient aucune perspective de modernisation à l'instar des autres peuples d'Asie et du Moyen-Orient.
Le ressentiment arabe à l'égard de l'Occident et de la modernité est né dans les montagnes d'Afghanistan, à la faveur de la guerre contre les Soviétiques.
Dès la fin du XXe siècle, il s'est traduit par des attentats à la voiture piégée, en 1993 contre le World Trade Center de New York, en 1998 contre les ambassades américaines de Dar es Saalam et Nairobi, en Afrique.
Mais le tournant fut le triple ou quadruple attentat du 11 septembre 2001 car, pour la première fois, il se traduisit par le sacrifice assumé des terroristes.
Quinze ans plus tard, les attentats à la ceinture d'explosifs, à la voiture piégée et à la kalachnikov sont devenus affaire de routine au Moyen-Orient et en Europe, où les terroristes peuvent compter sur de nombreuses sympathies dans certaines cités comme Molenbeek ou Saint-Denis.
Leur point commun tient à l'intention suicidaire de leurs auteurs. C'est du jamais vu dans l'histoire du terrorisme... sauf le bref épisode des Assassins d'Alamout, aux XIIe et XIIIe siècles. Dans tous les cas, les auteurs d'attentats-suicides sont des musulmans, autrefois ismaéliens ou chiites, aujourd'hui sunnites.
Notons aussi que les terroristes d'al-Qaida et Daech sont les seuls, avec les Assassins d'Alamout, à se référer à la religion (mettons à part les zélotes qui tenaient le judaïsme pour un élément de leur identité nationale).
Il va de soi que l'actuelle vague terroriste s'épuisera un jour ou l'autre comme les précédentes. Mais non sans avoir ébranlé et peut-être irrémédiablement fracturé les sociétés affectées par sa violence.
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MessagePosté le: Lun 18 Avr - 04:28 (2016)    Sujet du message: 18 avril Répondre en citant

Histoire du terrorisme
De l'Antiquité à Daech

Gérard Chaliand et Arnaud Blin (Fayard, 840 pages, 24 euros,  2015)


La série d’attentats de ces derniers mois en France et en Belgique aurait tendance à faire du terrorisme une caractéristique de nos sociétés. Rien ne serait plus faux que de laisser accroire cette idée comme le démontre la passionnante Histoire du terrorisme de l’Antiquité à Daech (Fayard, 2016) placée sous la direction de Gérard Chaliand et Arnaud Blin et réunissant les meilleurs spécialistes de la question.
Cet ouvrage a déjà été publié en 2004 sous le titre Histoire du terrorisme de l'Antiquité à Al-Qaïda (Bayard, 660 pages). Accessible à tous, il montre que rares ont été les périodes et les régions du monde qui ont été épargnées par ce fléau barbare. Avec pertinence, il met en lumière les nombreuses constantes de cette forme de guerre lâche et sournoise au fil du temps…
Par une troublante coïncidence de l’Histoire, c’est au Moyen-Orient que l’on détecte les premières formes de terrorisme organisé, en Palestine, au 1er siècle de notre ère. La secte des Zélotes se rebelle contre Rome. En l’an 6, elle veut conquérir son indépendance et organise des émeutes. La répression romaine est impitoyable. Deux mille Zélotes sont crucifiés pour faire un exemple.
« Cette action avait pour but d’infliger un choc psychologique tel sur les populations qu’elles seraient dissuadées de continuer la révolte. Ce fut le premier usage de la terreur dans cette guerre qui dura plusieurs décennies », notent les auteurs.
L’effroi, les Zélotes aussi le répandirent en égorgeant leurs victimes au milieu de la foule, sur les marchés. Ce conflit qui prit des allures de guérilla mit à jour un autre ressort du terrorisme qui perdure jusqu’à nos jours : l’indissociabilité des objectifs politiques et religieux des activistes. Les Zélotes menaient une guerre de libération contre les Romains mais aussi un combat religieux, y compris contre ceux de leur secte qu’ils jugeaient trop modérés.
La cruauté de Tamerlan
Au Moyen Âge, la secte des Assassins qui s’établit en Iran et en Syrie est la branche armée du mouvement ismaélien, courant minoritaire de l’islam chiite, basé sur le respect de la tradition. Selon les auteurs, elle témoigne de la singularité de l’islam qui « parmi les grandes religions monothéistes-universalistes est celle qui a su le mieux intégrer dans la même structure les problèmes strictement théologiques aux considérations d’ordre politique » contrairement au christianisme « qui a toujours été concerné en priorité par les problèmes théologiques ».
Une observation qui permet de mieux comprendre aujourd’hui la société musulmane et les visées des terroristes islamistes. La secte des Assassins a donc combiné mission religieuse et ambition politique sous la houlette de son chef Hasan. Elle n’hésita pas à employer la terreur pour tenter de s’imposer en s’assurant le soutien des populations rurales et pauvres. « En cela, sa stratégie fut identique à celle que pratiqueront les divers mouvements révolutionnaires au XXème siècle », constatent les auteurs.
Quant aux méthodes, elles relevaient de l’assassinat politique. Celui du grand vizir des Turcs seldjoukides Nizâm al-Mulk « constitua l’un des plus grands attentats terroristes de tous les temps et qui eut à l’époque, un retentissement au moins égal à celui que connurent l’assassinat de l’archiduc d’Autriche ou les attentats du 11 septembre 2001 dans le monde contemporain ».
Le terrorisme est aussi pratiqué par les guerriers nomades afin de compenser leur infériorité numérique par rapport aux peuples qu’ils conquièrent. L’effet de surprise et l’effroi qu’ils suscitent constituent leurs principaux atouts. À la tête des Mongols, Gengis Khan incarne cette oppression. Mais c’est Tamerlan qui bat les records de cruauté. Une fois terminé le pillage de la ville à laquelle il s’est attaqué, il fait élever des pyramides de têtes décapitées. Avis aux cités qui veulent lui résister !
Épargnée jusque-là par le terrorisme, l’Europe occidentale en est victime pour la première fois lors de la guerre de Trente ans au XVIIe siècle. La guerre n’est plus empreinte de la culture chevaleresque qui avait cours auparavant. Elle donne lieu à des massacres gratuits. Lorsque le marquis de Sourdis, aux ordres de Richelieu, s’empare de la ville lorraine de Châtillon-sur Saône, une grande partie des prisonniers sont pendus et laissés au bout de leur corde pour impressionner le reste de la région.
La France invente la Terreur moderne
C’est la France, pendant la Révolution, qui invente ce que les auteurs appellent la « terreur moderne », c’est-à-dire, le terrorisme d’État, durant les années 1793-1794, « préfigurant une pratique qui va se développer considérablement au XXe siècle avec l’avènement des totalitarismes et de la violence à grande échelle ».
Pour l’expliquer, les auteurs reprennent à leur compte, le sens que lui donne l’historien Patrice Gueniffey, à savoir « le produit de la dynamique révolutionnaire ». Selon eux, « la Terreur constitue à la fois l’acte fondateur de la terreur moderne et le modèle à partir duquel se définit et se comprend l’usage stratégique de la violence par l’appareil d’État ».
Elle devient alors la politique de la Révolution avec ce paradoxe que l’injustice qu’elle représente - puisqu’elle frappe à l’aveugle sans rationalité et au gré de ses exécutants notamment en province -, est souvent utilisée par des régimes qui prônent l’égalité. Mais on aurait tort d’oublier que la guerre est souvent à la source de la terreur de l’État révolutionnaire car elle permet de « légitimer » la lutte contre l’ennemi de l’intérieur.
Ce terrorisme moderne se distingue également de ses prédécesseurs en ce qu’il n’est plus religieux. Au XIXe siècle, il relève de groupes qui participent de divers courants (anarchistes, nihilistes, populistes, marxistes, fascistes, racistes). Le nihilisme et le populisme produisent le terrorisme russe face au régime tsariste. Ces groupes d’activistes mettent au point une véritable organisation, certains d’entre eux votent sur la nécessité ou non d’utiliser la violence.
Autre caractéristique du terrorisme en Russie : la forte participation des femmes. En France, c’est plutôt l’action individuelle qui prime à la fin du XIXe siècle avec les anarchistes contre « les bourgeois ». Alors que l’on se plaint aujourd’hui de vivre sous la pression des attentats, ce livre rappelle que de 1892 à 1894, « la population française vécut dans une véritable psychose de l’attentat » à tel point que les journaux de l’époque créèrent une rubrique permanente « La dynamite ».
Les attentats de Ravachol, d’Auguste Vaillant au Palais-Bourbon et de leurs émules plongent le pays dans une vague terroriste sans précédent en période de paix civile. Des journaux anarchistes vont jusqu’à produire des guides pratiques de fabrication d’engins explosifs… un peu comme aujourd’hui des sites sur Internet.
Des anarchistes espagnols et italiens firent également couler le sang dans leurs pays. À partir du début du XXe siècle, le terrorisme sévit en Irlande dans le cadre d’un mouvement nationaliste, également en Inde, colonie britannique, dans une sorte de préfiguration de la lutte pour la libération nationale. L’empire ottoman est frappé par les exactions des Arméniens et des Macédoniens.
La Terreur rouge
Lors de la Révolution russe, c’est un terrorisme d’État qui s’installe avec Lénine puis Staline. Le premier condamnait le terrorisme individuel, inefficace à son avis, mais après avoir pris le pouvoir il fonda la Tchéka, police politique soviétique chargée de combattre les agents de la contre-révolution, l’un des outils de la « terreur de masse » du nouveau régime.
« Dès l’instauration du régime de terreur en septembre 1918, on trouve déjà la plupart des éléments qui vont caractériser non seulement la terreur pratiquée par Lénine –puis avec une tout autre intensité par Staline-, mais celle que vont pratiquer d’autres régimes politiques se revendiquant héritiers du marxisme-léninisme dont la Chine de Mao Zedong, le Cambodge de Pol Pot ou plus récemment la Corée du nord », constatent les auteurs.
Cette « terreur rouge » à grande échelle les amène à un constat : « Le terrorisme d’État, c’est-à-dire du fort au faible, et le terrorisme du faible au fort ont de nombreux points communs ». À commencer par la propagation « d’un sentiment d’insécurité générale qui doit pouvoir atteindre n’importe qui, n’importe quand (…). C’est cette psychose généralisée que cherche le terroriste, qu’il soit au pouvoir ou qu’il le combatte. Seule différence : le terrorisme contre l’Etat cherche à déstabiliser le pouvoir, alors que le terrorisme d’État cherche au contraire à le stabiliser (tout en déstabilisant la population). »
Al Qaïda et Daech
Dans la deuxième partie du XXe siècle, le terrorisme devient une arme pour les forces de libération des pays colonisés. La France en fera notamment l’expérience lors de la guerre d’Algérie. Le conflit israélo-palestinien produit également un terrorisme qui place cette partie du monde sur une poudrière.
En Europe, l’Italie est frappée par des attentats issus de l’extrême-gauche qui lutte « contre le système impérialiste » à l’initiative des Brigades rouges, auxquels répliquent ceux de l’extrême-droite. En Allemagne sévit la bande à Baader.
Mais ce qui marque surtout l’époque contemporaine, c’est l’émergence spectaculaire du terrorisme islamique avec Al Qaïda et Daech, d’inspiration salafiste. Les auteurs expliquent qu’il s’agit pour ces fanatiques de « justifier le passage à une violence politique transnationale, considérée comme le seul mode d’action possible pour restaurer le califat (symbiose du politique et du religieux) et réunifier l’oumma (communauté musulmane) » à partir de « la relecture tronquée et réductrice de l’islam par des exégètes rigoristes et marginaux ».
Ces chapitres consacrés à ce retour au terrorisme religieux et politique aux multiples visages, rédigés avec érudition mais aussi clarté, sont certainement parmi les plus intéressants de l’ouvrage car ils éclairent avec rigueur et précision le fonctionnement des groupes islamistes qui constituent aujourd’hui la principale menace internationale.
Ce livre, qui recense également un grand nombre de discours et de manifestes émanant de ces fanatiques de tous horizons, a l’énorme mérite de nous rappeler que le terrorisme, loin d’être un phénomène actuel, a toujours émaillé de manière sanglante l’histoire des hommes même s’il n’a jamais triomphé.
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MessagePosté le: Lun 18 Avr - 04:29 (2016)    Sujet du message: 18 avril Répondre en citant

19 avril 1956
Conte de fée à Monaco. Grace dit oui à Rainier


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La survie de la Principauté de Monaco dépend de ce mariage, célébré le 19 avril 1956 devant les caméras du monde entier. 
À la trentaine consommée, le prince Rainier III le sait bien : « Point d'héritier, point de pays ! » Une convention franco-monégasque datant de 1918 précise en effet que la Principauté deviendrait un État sous protectorat français si le souverain disparaissait sans descendance directe ou adoptive.

La demande en mariage
Depuis le début de la décennie, Rainier a une obsession : remplir les caisses de la Principauté. Au sortir de la guerre, les comptes étaient dans le rouge. Aussi, avec l'aide de l'armateur grec Aristote Onassis, le prince a-t-il eu la riche idée de créer et développer la Société des bains de mer, temple du jeu et de l'hôtellerie de luxe, principale ressource économique du pays.
Maintenant, l'heure est venue pour lui de se marier et d'assurer la pérennité de son oeuvre. 
Son confesseur, le révérend américain J. Francis Tucker le convainc de recevoir une vedette hollywoodienne déjà élevée au rang de star et oscarisée pour son rôle dans Une fille de province. Elle est à Cannes, pour le Festival. Elle doit en profiter pour tourner quelques scènes du nouveau film d'Alfred Hitchcock, La Main au collet. Elle s'appelle Grace Kelly.
Pour assurer la « promo » de la belle Américaine, née dans une riche famille de Philadelphie, on a imaginé une séance photos avec Rainier, en son palais. Mais le prince est en retard. Grace s'impatiente dans la salle du trône. Monseigneur finit par apparaître.
Confus, Rainier propose le tour du propriétaire et la convie à saluer les pensionnaires indolents de son zoo privé...
Le prince annonce officiellement les fiançailles le 5 janvier 1956. Le mariage est fixé au 19 avril. Elle a 26 ans et lui 33 ans. Le mariage du prince et de la star semble sortir le Rocher de sa léthargie. Comme d'un coup de baguette magique. Une quarantaine de diplomates sont présents et la France a dépêché l'un de ses jeunes espoirs de la politique, François Mitterrand.
Les magazines du monde entier ont envoyé des meutes de reporters. Et il y a les 750 invités. Ils se pressent d'abord dans la salle du trône, pour le mariage civil, puis sous les voûtes de la cathédrale de Monaco avant d'envahir les jardins du palais. Onassis, le roi Farouk, le prince Aga Khan et Ava Gardner, éblouissante et solitaire.
Miss Kelly, qu'il faudra bientôt appeler Son Altesse Sérénissime, plus belle que jamais dans sa robe de tulle de soie garnie de dentelle et de milliers de petites perles, avance vers le choeur au bras de son père. La cérémonie fait l'objet d'une retransmission « en direct » grâce à l'Eurovision. Trente millions de spectateurs, au bas mot...
Grace donnera naissance à trois enfants avant de disparaître tragiquement d'un accident de voiture en 1982, laissant derrière elle une légende où le glamour accompagne la tragédie. Rainier s'éteindra en 2005, à 82 ans, laissant le trône à son fils Albert.
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MessagePosté le: Lun 18 Avr - 04:29 (2016)    Sujet du message: 18 avril Répondre en citant

Élisabeth II (1926 - )
Souveraine discrète d'un empire à son déclin


La reine Élisabeth II accède au trône à la mort de son père George VI, le 6 février 1952. Elle a 25 ans. À la différence de ses prédécesseurs, la jeune souveraine a joui d'une enfance heureuse auprès de parents affectueux et très présents et de sa sœur Margaret, de quatre ans sa cadette. Il est vrai que son père, d'un naturel timide, n'a été pressenti pour le trône qu'à 35 ans.
Bien préparée à monter sur le trône, elle va exercer avec diligence et discrétion son ministère, en digne héritière de Victoria. Pour ses sujets du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, elle apparaît comme un utile symbole de la continuité de l'État et de l'unité nationale. Par-delà leurs différences, tous les citoyens sont unis par leur commune allégeance à une monarchie millénaire.
La reine est également, encore aujourd'hui, le chef d'État de 14 autres nations du Commonwealth (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Jamaïque, Maurice...). 
André Larané
Une princesse préparée à servir
Au début de la Seconde Guerre mondiale, Élisabeth (Lilibeth pour les intimes) adresse un message radiophonique au enfants britanniques. C'est sa première intervention publique. 
Puis, dans le cours du conflit, elle sert comme ambulancière. Elle accomplit ensuite son service national comme les autres filles de son âge, tout en nouant une idylle avec un jeune lieutenant, le prince Philip de Grèce.
Leur première rencontre, manigancée par le prince Louis Mountbatten, oncle du jeune homme, remonte à 1939. D'emblée, Lilibeth est séduite par le beau Philip, de 5 ans son aîné.
Le prince, qui descend comme elle de la reine Victoria, est le neveu du roi Constantin 1er de Grèce. Son père, l'année même de sa naissance, est banni de Grèce pour avoir ordonné à ses troupes de fuir devant les Turcs. Philip est naturalisé en 1947 sous le nom de Philip Mountbatten et épouse  Élisabeth  le 20 novembre 1947. La cérémonie est pour la première fois télévisée.
Les naissances s'enchaînent : Charles, le 14 novembre 1948 ; Anne en 1950, Andrew en 1960 et Édouard en 1964. Par un regrettable effet de balancier, les enfants connaissent une éducation rigide sous l'impulsion du prince consort, Philip, duc d'Édimbourg.
C'est au cours d'un voyage officiel au Kénya, dans une réserve naturelle, que le couple royal apprend la mort de George VI, mort dans son sommeil des suites d'un cancer du poumon, à 56 ans.
Surmontant son chagrin, la jeune souveraine est intronisée selon la tradition, déclarant à son peuple : « J'ai le cœur trop gros pour vous dire autre chose que ceci : je travaillerai sans relâche, comme mon père avant moi ». Le 15 février suivant ont lieu les funérailles du défunt roi pour lequel Élisabeth avait une affection passionnée. Son propre couronnement se tient seize mois plus tard, le 2 juin 1953, à l'abbaye de Westminster.
 
Péripéties et dramesEn 1955 survient le premier scandale intime avec le projet de Margaret, soeur cadette de la reine, d'épouser un capitaine divorcé, Peter Townsend. Se soumettant en définitive à une règle d'un autre âge, la princesse renonce à son projet et s'unit plus tard à Anthony Armstrong-Jones (Lord Snowdon). L'union tourne mal et la princesse va se saoûler de plaisirs interdits sur l'ilôt Moustique, dans les Antilles.
La reine elle-même et son mari connaissent une discrète crise conjugale quand Philip, meurtri de ne bénéficier d'aucune responsabilité et de ne pouvoir non plus transmettre son nom à ses enfants, choisit de faire un tour du monde en célibataire sur le yacht royal Britannia. En 1956-1957, il visite l'Empire, de l'Antarctique et l'Australie à Sainte-Hélène en passant par les atolls du Pacifique, avant de consentir enfin à rentrer à Windsor. 
En 1973, la princesse Anne, cavalière de niveau international, épouse contre le gré de sa famille le capitaine Mark Philipps, sans titre nobiliaire. Elle connaît un bonheur paisible. Plus conciliant, le prince Charles renonce à la femme de son cœur, Camila Parker-Bowles, pour épouser en 1981 Diana Spencer, la princesse choisie par ses parents. Comme avec sa tante Margaret, le mariage s'achève dans le drame.
Charles et Diana, qui ont eu deux garçons, William et Henry, se séparent en 1992, « annus horribilis » selon l'expression même de la reine. 
Pour ne rien arranger, Élisabeth II voit aussi son cher château de Windsor partir en fumée. Après un début de polémique, elle décide de le reconstruire à l'identique à ses frais. Elle accepte aussi par la même occasion de payer désormais des impôts sur son patrimoine et ses revenus. Ceux-ci sont importants sans être exorbitants. Ils font d'elle tout au plus l'une des 200 personnes les plus riches du royaume. Il est vrai que dès le XVIIIe siècle, la famille royale a cédé à l'État la plus grande partie de ses immenses domaines (« Crown Estate ») en échange d'une « liste civile », autrement dit du versement d'une rente annuelle.
Pour le prince de Galles, les choses ne s'arrangent pas. Le couple divorce le 28 août 1996. Un an plus tard, le 31 août 1997, Diana et son amant trouvent la mort à Paris dans une course poursuite avec les paparazzi. La princesse a 36 ans. Ses funérailles, un grand moment d'émotion cathodique, témoignent des rapports tendus entre la reine et son peuple.
Dans les années suivantes, la souveraine vieillissante n'aura de cesse de restaurer le lien avec son peuple. Tout indique qu'elle y est arrivée. « God save the Queen ! »
Bonjour {USERNAME}
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MessagePosté le: Lun 18 Avr - 04:30 (2016)    Sujet du message: 18 avril Répondre en citant

John Maynard Keynes (1883 - 1946)
Le deuxième fondateur de l'économie politique


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John Maynard Keynes, plus grand économiste du XXe siècle, est né le 5 juin 1883, 160 ans très exactement après Adam Smith, le « père » de l'économie politique. Par une autre coïncidence, ce fut l'année où mourut Karl Marx, le plus illustre contempteur de l'économie libérale.
Par sa personnalité atypique et son activité tous azimuts, il a bouleversé l'économie politique et cautionné l'intervention des États dans les affaires économiques. Son influence a été telle qu'aujourd'hui encore, les économistes ont besoin de se situer par rapport à lui. Être ou ne pas être keynésien...

British jusqu'au bout des ongles
Fils d'un professeur d'économie et de logique de Cambridge, le jeune Keynes accomplit de brillantes études à Eton, où il excelle dans les mathématiques, l'histoire, les « humanités », la dissertation... mais pas seulement. Il fait de l'aviron, du théâtre, participe à des débats publics et se passionne pour la poésie latine médiévale !
En 1902, à 19 ans, il complète sa formation au King's College de Cambridge.
Éclectique, il se passionne pour la philosophie et se lie d'amitié avec des artistes et poètes d'avant-garde à l'origine du « groupe de Bloomsbury » parmi lesquels Lytton Strachey et Leonard Woolf tout en poursuivant des activités plus diverses les unes que les autres.
Il suit aussi les cours d'économie politique d'Alfred Marshall et du professeur Arthur Pigou.
Brillants représentants de l'économie néoclassiques, ils développent la théorie de l'utilité marginale pour le premier (le prix d'un bien s'aligne naturellement sur la valeur que l'on prête à la dernière fraction de ce bien) et la théorie de la réduction du chômage par la flexibilité des salaires pour le second.
Après un bref passage par l'Indian Office (le ministère des affaires indiennes), Keynes obtient un poste d'enseignant au King's College et va le conserver toute sa vie.
Ses aptitudes intellectuelles, son imagination, sa pleine maîtrise de la théorie économique tout autant que son excellente perception de l'économie de terrain lui valent d'être écoutés par les dirigeants politiques. 
Pleinement conscient de sa supériorité, l'homme apparaît à beaucoup arrogant et hautain, volontiers provocant. Il devient président d'une compagnie d'assurance-vie, spécule sur les marchandises et les devises jusqu'à se constituer une jolie fortune de 500 000 livres. Il épouse aussi une danseuse étoile du ballet Diaghilev et préside un Comité pour l'encouragement de la Musique et des Beaux-Arts.
Tel est John Maynard Keynes, aux antipodes de l'image caricaturale de l'économiste de chambre. Mais l'homme est aussi un auteur prolifique de traités savants et d'essais polémiques qui le font connaître du grand public.
D'une santé fragile, il est victime d'une première crise cardiaque en 1937. La seconde, survenue alors qu'il court pour attraper son train, lui sera fatale. Il meurt le 21 avril 1946, à près de 63 ans, après avoir contribué à bâtir à Bretton Woods le monde d'après-guerre
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MessagePosté le: Lun 18 Avr - 04:30 (2016)    Sujet du message: 18 avril Répondre en citant

25 avril 1841
Mayotte, française par accident


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L'île de Mayotte a été vendue à la France le 25 avril 1841 par le sultan local. Elle est devenue le 31 mars 2011 un département d'outre-mer de plein droit suite au référendum du 29 mars 2009 initié par le gouvernement français. 
Elle n'en demeure pas moins une société de type colonial, où une poignée d'« expats » (expatriés) tente de contenir une population démunie, jeune, illettrée, en croissance exponentielle, attachée à son identité comorienne ou africaine, toujours au bord de l'explosion.
Mayotte, comorienne avant tout
Mayotte (374 km2), située dans l'archipel des Comores, entre l'Afrique et Madagascar, est en fait constituée de deux îles entourées d'un récif corallien et d'un lagon que l'on dit le plus beau du monde ! Sa population a crû de 3.000 habitants en 1841 à près de 300.000 au début du XXIe siècle. Près de la moitié sont des immigrants illégaux venus des Comores ou d'Afrique noire.
Rien ne distingue les Mahorais, habitants originels de Mayotte, de leurs voisins des autres îles comoriennes. La grande majorité parle une langue bantoue (africaine), le shimaoré. Les autres parlent un dialecte malgache, le shibouski. Le français demeure une langue d'importation comme en Afrique noire.
Tous les habitants ou presque sont musulmans. Ils suivent le droit islamique appliqué par 22 cadis (juges) officiels. La polygamie est très largement pratiquée.  Elle est tolérée par la loi française mais interdite (en théorie) aux nouvelles générations nées après 1985. La production se réduit à quelques productions vivrières et les exportations, insignifiantes, à des clous de girofle et du parfum dérivé de l'ylang-ylang.


Une possession délaissée
Les Comores étaient, au XIXe siècle, l'objet de luttes incessantes entre les chefs locaux, les « sultans batailleurs ». Leur principale activité consistait dans le trafic d'esclaves à destination du Moyen-Orient.
Le sultan qui régnait sur Mayotte, en bisbille avec son voisin de l'île d'Anjouan, appela au secours un Français, le commandant Pierre Passot. Par le traité du 25 avril 1841, il céda son île à la France en contrepartie d'une indemnité de 1000 piastres.
C'est ainsi que Mayotte est entrée dans le giron de la France. Jusqu'à la fin de l'époque coloniale, la présence française à Mayotte et aux Comores se ramena à très peu de chose, l'archipel n'ayant guère d'intérêt pour la métropole.
L'esclavage fut néanmoins aboli à Mayotte dès le 9 décembre 1846, soit sous le règne de Louis-Philippe et avant le décret de Schoelcher. Il est vrai que l'abolition n'affectait ici les intérêts d'aucun planteur européen... 
De proche en proche, les sultans voisins demandèrent à bénéficier du protectorat de la France et en 1887, l'ensemble de l'archipel (Mayotte, Anjouan, Grande Comore et Mohéli) devient colonie française.
Au XXe siècle, les Comores sont de fait gouvernées à partir de la colonie voisine de Madagascar. Surpeuplées, pauvres et sans ressources, éloignées des grandes routes maritimes, elles n'intéressent guère l'administration coloniale.
Maladresses parisiennes
Après la Seconde Guerre mondiale, Paris dissipe les espoirs des élites qui, aux Comores comme à Madagascar et même en Afrique noire, caressent l'espoir d'une intégration pleine et entière dans la République.
En1968, la France concède à l'archipel des Comores une large autonomie interne, prélude à l'indépendance. Mais dès lors, Paris accumule les maladresses en réveillant la rivalité entre les îles (*).
Ainsi la capitale administrative est-elle transférée de Dzaoudzi (Mayotte) à Moroni (Grande Comore). L'arrogance des nouveaux fonctionnaires ne tarde pas à indisposer les Mahorais.
Pour ne rien arranger, le gouvernement  parie sur un riche commerçant d'Anjouan, Ahmed Abdallah, pour diriger le pays après l'indépendance. Mais l'homme, irascible et sans assise politique, fait peur aux Mahorais. Lors du référendum du 22 décembre 1974, ils se prononcent à 63% contre l'indépendance et les autres Comoriens à 95% pour.
Le Parlement, embarrassé, décide de faire fi de la légalité internationale et exige que la future Constitution des Comores soit approuvée île par île. Comme on pouvait s'y attendre, elle est rejeté par Mayotte cependant qu'Ahmed Abdallah proclame de façon précipitée une indépendance unilatérale. C'est ainsi que Mayotte reste sur le bas côté.
Moins d'un mois plus tard, le 3 août 1975, Ahmed Abdallah est renversé. Trop tard pour changer le cours des choses. Les Nations unies dénoncent cette violation des frontières issues de la colonisation : la résolution 3385 du 12 novembre 1975 réaffirme « la nécessité de respecter l’unité et l’intégrité territoriale de l’archipel des Comores, composées des îles d’Anjouan, de la Grande-Comore, de Mayotte et de Mohéli ».
Il n'empêche que le 8 février 1976, les habitants de Mayotte expriment par référendum à 99% leur volonté de rester dans le giron de la France. Ils n'ont plus envie de retrouver la pétaudière comorienne.
Sous la protection de la France
Depuis lors, l'île est administrée par des fonctionnaires venus en quasi-totalité de métropole.
Elle est toujours revendiquée par le gouvernement comorien qui a l'appui de la communauté internationale. Mais les dissensions au sein des Comores et la quasi-sécession de l'île d'Anjouan rendent improbable la mainmise des Comoriens sur Mayotte.
Dans l'indifférence des médias et des commentateurs, le gouvernement de Nicolas Sarkozy leur ouvre la voie de la départementalisation.
Le 29 mars 2009, les Mahorais se prononcent à une écrasante majorité sur la transformation de leur collectivité en département d'outre-mer, à l'image des vieilles colonies de la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et la Réunion (*).
Ils renoncent à la voie de l'indépendance, sur laquelle se sont engagés les territoires d'outre-mer de Polynésie et Nouvelle-Calédonie, qui sont comme eux vieilles terres de culture et d'Histoire avec une identité propre.
Le défi mahorais
À l'automne 2011, des émeutes violentes - avec mort d'homme - opposent la jeunesse de Mayotte aux policiers venus de métropole. Elles révèlent une société coloniale très éloignée du rêve assimilationniste et dont le fonctionnement est assuré plutôt mal que bien par les « expatriés » ou « m'zungus » (administrateurs, enseignants, médecins).
Certains de ces métropolitains blancs, riches de leurs salaires et de leurs primes, se laissent corrompre par l'atmosphère locale : soirées alcoolisées, consommation sexuelle de mineures etc.
Sauf à échouer, la départementalisation de l'île nécessitera dans les décennies à venir des efforts considérables de l'État français pour faire fi aux défis politiques, sociaux, culturels et économiques :

- corruption endémique de la classe politique locale,
- analphabétisme et méconnaissance de la langue française,
- prévalence du droit coutumier coranique sur la loi française,
- principaux commerces aux mains des marchands indo-pakistanais,
- sous-développement aigu et absence de toute activité économique significative,
- surpeuplement et natalité exubérante,
- forte pression migratoire en provenance des Comores, de Madagascar, voire de l'Afrique des Grands Lacs (on compte en 2009, à Mayotte, plusieurs milliers d'enfants clandestins à la charge de la collectivité et dont la mère a péri dans un naufrage),
- montée des violences entre Mahorais et immigrés illégaux comoriens ou africains.
L'avenir s'avère d'autant plus sombre que les Mahorais de souche tendent à abandonner leur île aux immigrants illégaux. Ils usent de leur citoyenneté pour aller chercher une vie plus sereine à la Réunion ou en métropole (Marseille abrite plus de Comoriens que Mayotte). 
Par une aberration singulière, les immigrants illégaux et leurs enfants, qui ne peuvent sortir de l'île légalement, pourraient bientôt devenir les seuls habitants permanents de l'île, aux côtés des policiers et administrateurs métropolitains.
Sans doute la départementalisation de Mayotte demeurera-t-elle dans l'Histoire comme le legs le plus coûteux et le plus lourd de conséquences de la présidence Sarkozy.
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MessagePosté le: Lun 18 Avr - 07:20 (2016)    Sujet du message: 18 avril Répondre en citant

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Alena Seredova 

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MessagePosté le: Lun 18 Avr - 07:45 (2016)    Sujet du message: 18 avril Répondre en citant


Monica Bellucci a fait une entrée remarquée sur Instagram, où elle a démarré...Voir 
 
 

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MessagePosté le: Lun 18 Avr - 13:07 (2016)    Sujet du message: 18 avril Répondre en citant

18 avril 1758. L'aventurier Giacomo Casanova dirige le premier tirage de la loterie parisienne
Réfugié à Paris après sa fuite de Venise, l'aventurier italien fonde une loterie pour financer la construction de l'École militaire. Par Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos
Publié le 18/04/2012 à 00:01 - Modifié le 18/04/2016 à 12:15 | Le Point.fr


Arrêt du Conseil d'État du roi/Casanova. © DR
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Le 18 avril 1758, une foule nombreuse se presse dans le magasin de l'Arsenal, situé derrière la Bastille. Un homme âgé d'une trentaine d'années, grand, magnifiquement vêtu, attire tous les regards, en particulier celui des femmes. Il parle français avec un délicat accent italien. Son nom vole de bouche en bouche : Giacomo Casanova. L'homme qui s'est évadé des Plombs de Venise, la prison d'où il est impossible de s'échapper ! Marcela Iacub, à la recherche d'un prochain sujet de livre, rôde autour de lui. Christine Boutin, qui retrouve son âme de midinette, ouvre le premier bouton de son cors...
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MessagePosté le: Lun 18 Avr - 13:08 (2016)    Sujet du message: 18 avril Répondre en citant

Xavier et Coline, finalistes: "Top Chef, ce n'est pas une colonie de vacances"

Xavier Pincemin et Coline Faulquier s'affrontent en finale de Top Chef 2016, ce lundi 18 avril, sur M6. Avant de découvrir qui remporte le titre,...Voir

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MessagePosté le: Lun 18 Avr - 13:08 (2016)    Sujet du message: 18 avril Répondre en citant

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 01:28 (2016)    Sujet du message: 18 avril

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